Dr Faya Millimono, leader du Bloc libéral (BL) qui rentre d’une tournée en provinces dépeint le quotidien des populations de ces régions, fait de misère et de peur. Dans cet entretien qu’il a accordé à notre reporter et dont nous vous livrons la première partie, l’opposant accuse le pouvoir d’entretenir cette psychose, afin de garder une main mise sur le pays, et jouir de ses ressources en toute illégalité.

Bonjour Dr Faya, vous venez de rentrer d’une tournée à l’intérieur du pays, quelles étaient les raisons de ce passage dans la Guinée profonde?

Dr Faya Millimouno: Encore une fois merci de l’opportunité que vous m’offrez pour revenir sur ces tournées la plus importante organisée par le Bloc Libéral (BL) depuis sa légalisation. La mission que nous venons d’accomplir avait pour objectif, premièrement, participer à la campagne de sensibilisation contre Ebola. Ça fait bientôt un an et demi depuis que les Guinéens sont en train de mourir de cette épidémie que le Professeur Alpha Condé considère lui-même comme une opportunité pendant que les Guinéens vivent cela comme l’un des plus graves drames de l’histoire de ce pays. Donc en partant de Conakry, nous avions quelques kits, de l’eau de chlore. Partout où nous sommes passés dans les endroits qui ont été touchés par l’épidémie d’Ebola, nous avons donc donné quelques kits. Nous nous sommes adressés aux populations pour insister sur l’importance de prendre les dispositions pour éviter la propagation de la maladie, comment éviter n’est-ce pas le virus Ebola. C’est le premier objectif de la mission. Le deuxième objectif de la mission, comme vous le savez, depuis la légalisation de notre parti, nous avons entrepris l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national. Nous promettions au peuple de Guinée que le parti qui venait de naître allait s’installer sur chaque mètre carré du pays. On a commencé par la ville de Conakry, nous avons couvert la région côtière, nous sommes allés en Moyenne-Guinée. Il nous restait les deux régions, la Forêt et la Haute-Guinée. Il faut dire que dans ces deux régions, il y’a des préfectures où les bureaux étaient déjà constitués. Mais il fallait les valider au regard des critères contenus dans nos statuts et règlements intérieurs. On n’installe pas un  bureau confédéral  n’importe comment; il faut tenir compte d’un certain nombre de facteurs. Facteurs genres par exemple. Dans tous nos bureaux, à part les bureaux qui sont spécifiquement consacrés aux femmes, il faut qu’il y ait au moins 30% de femmes dans les bureaux. Il y a aussi le facteur âge, à part les bureaux qui sont consacrés uniquement aux jeunes, il faut avoir au moins 30% de jeunes. Donc ça déjà entre autres les critères. Il faut tenir compte aussi de la diversité ethnique, régionale, des membres composent le bureau. Donc il fallait tenir compte de tous ces critères et il fallait que le parti se déplace pour aller s’enquérir de la situation, voir si les bureaux qui ont été installés en région forestière et en Haute-Guinée avaient pris en compte ces critères. Ça c’est le deuxième objectif. Et toujours dans le cadre de ce deuxième objectif, partout où les bureaux n’avaient pas encore été installés, il fallait profiter de l’occasion pour installer ces bureaux. Donc ce n’était pas un voyage par exemple pour la région forestière où on s’est limités simplement aux chefs-lieux. On est allés dans les sous-préfectures, nous sommes allés dans certains districts dans des villages. Donc c’était vraiment un travail en profondeur. Le troisième objectif que nous nous avions en partant de Conakry c’était de profiter de l’occasion pour former n’est-ce pas nos cadres par rapport à la vie du parti, par rapport à l’activité d’un parti politique, par rapport au droit et au devoir d’un parti politique, bien entendu les préparer à se mettre en ordre de bataille pour les échéances prochaines. Voilà les trois objectifs de la mission.

Durant cette tournée,  avez-vous été  confrontés à des administrateurs territoriaux  indélicats ? Si oui,  pouvez-vous revenir sur ces épisodes notamment celui de N’Zérékoré où le maire vous a mis les bâtons dans les roues?

Effectivement on s’attendait à avoir des difficultés parce que comme le professeur Alpha Condé lui-même le dit, l’administration n’est pas neutre. Ceci contrairement aux dispositions constitutionnelles qui prévoient que l’administration publique devrait être neutre. Elle devrait être impersonnelle, et devrait donc souhaiter la bienvenue à tous les partis politiques et ne devrait prendre partie pour aucun parti politique. Ça commence lorsque les responsables du Bloc Libéral dans la préfecture de Guéckédou ont entrepris d’informer les autorités de notre arrivée. Alors arrivé au niveau du préfet, alors que les autorités compétentes en la matière, ceci au regard du code pénal de notre pays, lorsqu’un parti politique a une manifestation il s’adresse aux autorités compétentes qui sont les maires à travers une lettre signée par trois personnes qui doivent indiquer leur nationalité, qui doivent indiquer leurs numéros de téléphone ainsi de suite etc. Alors, au moment où le parti le faisait le Préfet leur a dit qu’il n’était pas prêt à recevoir la délégation du Bloc Libéral, notamment le président du Bloc Libéral. Alors ça failli d’ailleurs provoquer une réaction des populations parce que les femmes et les jeunes avaient commencé à dire si le préfet veut partir comme Boukary qu’il insiste sur le fait de dire que le leader du Bloc Libéral n’arrive pas à Guéckédou. Alors, j’étais à Faranah lorsque cela m’a été rapporté. Il y’avait les leaders religieux, des pasteurs, qui étaient en train de calmer les jeunes et les femmes et, ils sont allés voir le préfet pour lui dire qu’ils ne pensaient pas qu’il y’avait une loi qui pouvait interdire à un citoyen de surcroit un leader politique de visiter un mètre carré du pays. J’ai profité de l’occasion à partir de Faranah pour parler directement avec eux. Il (Ndlr, le préfet de Guéckédou) m’a fait savoir qu’il ne souhaitait pas que je vienne à Guéckédou. Je dis, il n’ya d’abord aucune loi de la république qui l’autorise et, même celui qui l’avait nommé à Guéckédou n’avait pas le droit d’interdire à un leader politique de se déplacer sur un mètre carré du territoire. Je l’ai informé que nos délégations étaient à Faranah et c’est en partance pour la région forestière que nous allions couvrir de long en large. C’est à ce moment qu’il nous a dit si vous venez on verra ce qui sera possible de faire. J’ai répliqué en lui disant de mon coté et du coté de la délégation du Bloc Libéral tout se fera de façon légale. Et nous souhaitons que de son coté ça soit de même. Nous avons donc fait l’étape de Faranah, nous avons fait l’étape de Kissidougou avec les sous-préfectures qu’on avait prévu de visiter. Nous sommes arrivés à Guéckédou et directement on s’est rendu à la préfecture parce que toutes les autorités municipales n’avaient trouvé aucune objection. Aussi bien au centre que dans les sous-préfectures. Au niveau donc du préfet quand nous sommes arrivés, on nous a dit qu’il n’était pas là et qu’il était malade. On est allés chez lui à domicile, là-bas nous lui avons présenté notre ordre de mission, et on a échangé pendant au moins une dizaine de minutes, il nous a dit vous pouvez aller faire le travail pour lequel vous êtes venus et, on s’est dit au revoir. Le même jour nous avons entrepris de faire des visites dans les sous-préfectures. On s’est aperçus qu’il avait donné aux autorités sous-préfectorales les consignes de ne pas nous recevoir. On a constaté cela à Kassadou, nous ne nous sommes pas laissés faire, M. le secrétaire communautaire est venu nous dire qu’on n’a pas le droit de tenir un meeting. Nous lui avons présenté les documents à cet effet qui nous autorisaient à faire un meeting. Donc, on a pu gérer cette situation parce qu’on s’est débarrassé du gars. Et nous avons constaté ça une seconde fois quand nous nous sommes rendus à Fangamadou. C’est à ces deux occasions que nous nous sommes rendu compte que, en fait, au niveau de Guéckédou, M. le préfet avait pris soin de dire aux autorités de toutes les préfectures de ne pas nous recevoir. Mais ça c’était compter avec la détermination du Bloc Libéral de ne jamais accepter à se faire marcher là-dessus. Le droit, nous tenons à son respect et nous respectons la loi. Nous sommes légalistes. Nous ne pouvons pas non plus autoriser de n’importe quelle autorité de marcher sur nos droits. Nous avons constaté la même chose du coté de N’Zérékoré comme vous l’avez dit. Parce que dans les deux préfectures, aussi bien à Guéckédou qu’à N’Zérékoré, malgré que le fait des structures locales du Bloc Libéral avaient pris toutes les dispositions pour réserver les maisons des jeunes, payer les frais à cet effet, à la dernière minute on nous a empêché d’utiliser ces locaux publics. Nous avons réagi et les médias en on fait un écho. Donc ce sont là quelques difficultés que nous avons rencontrées. Mais à part cela, si vous prenez par exemple Kissidougou nous n’avons aucun problème, nous n’avons eu aucun problème à Macenta, nous n’avons eu aucun problème à Yomou, à Lola, à Beyla non plus. Là-bas aussi bien les préfets que toutes les autorités se sont très bien comportés. Ce qui fut la même chose ce qui est à mon avis, m’a beaucoup étonné. Parce qu’en Haute-Guinée aussi bien par le comportement des populations que par le comportement des autorités, nous n’avons eu aucun obstacle. On nous a même fait savoir quand nous sommes arrivés à Kouroussa que c’était la première fois dans l’histoire qu’à Kouroussa un parti politique de surcroit d’opposition au régime du professeur Alpha Condé arrivé à Kouroussa ne s’est pas fait dire qu’à Kouroussa qu’il y avait qu’un seul parti politique, le RPG. Là-bas, les gens ont béni pour nous, les gens nous ont dit que nous étions la  bienvenue et qu’on pouvait comme tous les autres partis politiques travailler dans la tranquillité. Sur l’étendue du territoire aujourd’hui, je peux dire que le parti est assez bien implanté parce que nous avons encore à visiter tous les districts de la République, y en a près de trois mille.

Et comment analysez-vous le fait que les populations de la Haute-Guinée soient plus réceptives au discours du Bloc Libéral?

Non pas parce que les populations de la Haute-Guinée soient plus intéressées au discours du Bloc Libéral, il y a ceux de la forêt que j’ai mentionné pour quelques autorités, l’accueil des populations en région forestière a été des plus chaleureux. Partout nous sommes passés, je crois qu’il y a eu un petit reportage qui a été fait sur Gangan, cela a permis aux téléspectateurs de voir quelques passages du Bloc Libéral dans certaines parties de la Forêt et même de la Haute-Guinée. Donc ce n’est pas que les populations sont en Forêt n’ont pas accueillis autant la délégation que ceux de la Haute-Guinée. Ce qui est important à mentionner pour ce qui concerne la Haute-Guinée, ce que, on aurait tendance à penser que la Haute-Guinée est la chasse gardée du RPG-Arc-en-ciel. Aujourd’hui on se rend compte que la Haute-Guinée est autant déçu que les autres habitants de ce pays. Parce qu’en Haute-Guinée, je vous dire, si il y a un slogan que nous avons retenu, en bon Maninka, c’est que partout où nous sommes passés les gens nous ont dit «a kha fö, Könö a ma khê. A té nha khê-làh». Littéralement traduit ça veut dire il a promis mais il n’a pas réalisé et il ne réalisera pas. C’est pour dire que les populations de la Haute-Guinée vivent autant de problèmes que les autres parties de la Guinée. Et lorsque nous avons rendu visite, comme nous l’avons fait partout où nous sommes passés aux sages de Kankan, nous n’avons pas manqué d’entendre des prières du genre que Dieu donne finalement à la  Guinée un leader qui va faire que nous ne regrettions plus hier. C’est-à-dire que tous les jours que Dieu nous donne à vivre, nous semblons regretter hier et, c’est valable pour aujourd’hui. Donc c’est ce qui nous a fait observer qu’en Haute-Guinée, en Basse-Côte, en Forêt et au Foutah les gens sont très déçus de la gouvernance du professeur Alpha Condé.

De façon générale, comment avez-vous trouvé la Guinée profonde?

La Guinée profonde vit de peur, de peur pour Ebola, parce que ça fait bientôt un an et demi que Ebola est en train de tuer. Les gens ont partout peur. Même le fait de voir un véhicule rentrer dans leurs villages, ils sont d’abord suspects parce que personne ne se sent en sécurité. à cela s’ajoute l’insécurité qui est galopante aujourd’hui dans notre pays. Tantôt c’est des assassinats ciblés que nous vivons tous les jours, c’est des coupeurs de routes, on ne dirait pas que l’Etat existe véritablement. Les gens vivent dans la psychose, dans la peur. La pauvreté est également très prononcée à l’intérieur du pays. Il suffit d’entrer en contact avec les gens pour se rendre compte que le niveau de vie du Guinéen est en train de diminuer de jour en jour. Malgré tous les tintamarres qu’on nous fait ici à Conakry, les réalisations par-ci par-là, si vous empruntez les routes de la Guinée, vous vous rendez compte comme il est de coutume en Guinée, il faut visiter un bon marabout qui va vous dire tous les sacrifices à faire, pour que vous pussiez revenir en bonne santé, tellement les routes sont mauvaises. Ce matin encore, je regardais sur YouTube un reportage du passage entre Guéckédou et Macenta de Sydia Touré, ils ont envoyé une petite vidéo  où on montre l’état de la route. On dirait qu’on a à faire à un pays qui n’a pas connu la modernité depuis une cinquantaine d’années. Les populations, partout où nous sommes passés, sont aujourd’hui dans une situation de pauvreté, dans une situation de peur et, la division gagne du terrain surtout en région forestière où l’Etat s’est toujours évertué à opposer les ethnies les unes contre les autres. Cela a causé des dégâts énormes. Combien de compatriotes ont perdu la vie dans ce jeu-là? Comme nous savons que la Guinée a toujours été dirigée selon le principe de Machiavel, de diviser pour régner, il faut créer des conflits. En quatre ans deux mois, il y’a eu plus d’affrontements ethniques dans notre pays qu’on n’en avait connu depuis l’indépendance. Ça c’est le record du professeur Alpha Condé. Et bien entendu le chômage des jeunes, ça on n’a même plus besoin de dire. Il y’a aujourd’hui plus de départements ministériels s’occupant de la création de l’emploi pour les jeunes que d’emploi créé véritablement. Que de promotions actuellement sont à l’abandon. Et il y’a pire, parce que nous avons été à l’intérieur et avons  coïncidé à un évènement important, la réouverture des classes quelques mois après. Au moment où on abandonne, où on traite prématurément beaucoup d’enseignants qui ont de l’expérience, qui auraient pu encore servir les populations, nous avons des classes où il n’y a pas d’enseignants à l’intérieur du pays. Nous avons des écoles qui sont quasi occupées par des contractuels, des gens qui n’ont pas un salaire régulier à qui on donne à peine un quatre-cent-mille francs guinéens par mois. C’est pour vous dire si vous entendez qu’il y’a 80% de jeunes qui échouent chaque année, c’est que l’éducation  n’a jamais été véritablement une priorité pour le gouvernement actuel et ça ressemble étrangement à ce que nous avons critiqué dans le passé. Donc, à l’intérieur du pays aujourd’hui c’est vraiment de la désolation. La situation est très difficile et les populations vivent dans la peur, la peur est là.

Vous avez été un membre actif du comité de crise de Womey, vous venez de la zone forestière, comment vont les populations de Womey, la vie a-t-elle repris à Womey?

Effectivement nous sommes le porte-parole du comité de crise Womey, nous avons profité de notre séjour en région forestière pour visiter les populations de Womey. Il faut dire que tout le monde n’est pas encore revenu au village à cause de la peur. Parce que les gens ont été véritablement traumatisés; imaginez qu’il y’a eu des viols, beaucoup de femmes ont été violées à Womey, il y’a eu des pillages systématiques. Il y’a aujourd’hui des gens qui trouvent même plus difficile de revenir au village, pendant que tout ce qu’ils ont passé des décennies à construire a été détruit en deux mois que de rester en brousse. Ce ne sont pas toutes les populations de Womey qui sont encore revenues au village. Mais celles qui sont revenues au village, nous on fait l’honneur en nous accueillant de façon très chaleureuse à Womey. Nous nous sommes adressés à ces populations et ils nous ont fait une longue liste des pertes les plus saillantes, des pertes en vies humaines, on vous l’a dit tantôt, quinze personnes au moins ont perdu la vie dans la forêt au moment de l’occupation du village. Le pillage a été systématique, tout ce qu’il y avait de biens de valeur dans ce village a été pillé. Tout ce que vous aviez là-bas de bétails, de volailles, tout a été dévoré. Et même l’eau a été sabotée parce que les puits, non seulement ils les ont sabotés, même les forages modernes qui existaient dans le village ont été détruits. Ça c’est pour vous dire un peu la situation dans laquelle les populations vivent aujourd’hui. Le comité de crise continue à se battre, vous aviez dû lire il y’a quelque temps le rapport présenté par les organisations de défense des droits de l’homme. Nous pensons que les populations de Womey ont besoin d’aide, d’une certaine solidarité. Le comité de crise est actuellement en train de travailler, à amener chacun à apporter une aide tant soit peu à cette population. Il y’a également des problèmes d’ordre juridique qui sont importants aujourd’hui en ce qui concerne Womey. Non seulement le comité de crise continue à exiger que la justice soit faite, pour ceux de nos compatriotes qui ont été tués le 16 septembre, il y’en a eu huit dont sept de la délégation  et un villageois tué de balles, non seulement nous continuons à exiger une justice pour ces personnes qui ont été tuées alors qu’ils étaient en service, mais également nous exigeons qu’il y’est la justice pour les quinze personnes qui sont mortes par la faute de l’Etat dans la forêt durant l’occupation, qu’il y ait qui paient pour ces pillages systématiques du village et bien entendu pour des cas de viols dont se sont rendus coupables les militaires qui ont occupé Womey. Donc il y’a aujourd’hui un problème juridique qui est une préoccupation, qui est un problème humanitaire, il faut venir en aide à ces populations et bien entendu si nous étions dans un pays organisé on devait avoir des aides psychologiques, des gens pour remonter le moral de ces populations qui ont été traumatisés pendant au moins deux mois dans la forêt. Voilà comment est la situation aujourd’hui dans ce village. On en a profité également pour visiter un autre village dont vous avez entendu parler ces dernières années. A Zogota, c’était dans la nuit du 3 au 4 août 2012 que l’armée guinéenne a tué cinq personnes. On a vu les images parcourir le monde entier. Nous avons profité de notre tournée pour visiter également ce village où nous avons compati à la douleur. Et il s’avère déjà qu’en 2012 on avait mis sur pied un comité de crise qui a déjà posé des actes. Il y’a une plainte qui a été formulée à N’Zérékoré. Il y’a également un dossier complet qui a été introduit au niveau de la commission des droits de l’homme de Genève. Nous continuons à explorer d’autres avenues pour porter plainte contre l’Etat pour ces crimes, les crimes qu’aucune enquête n’a été commanditée officiellement  par l’Etat. Aujourd’hui dans la région forestière tous les cas de violations graves de droits qui se sont passés pour lesquels la justice continue d’être réclamée vous compterez Guéckédou, vous compterez, vous compterai Macenta, vous compterez Beyla, de Sahoro, etc. ça c’est le bilan macabre de la présidence du Président Alpha Condé.

Quels sont vos rapports avec l’opposition parlementaire?

L’opposition extraparlementaire est un statut consacré par les lois de la république. Et cela devrait apparaitre dans la charte des partis politiques. Dans la charte des partis politiques il est indiqué que l’opposition est à la fois parlementaire et extraparlementaire. Nous avions tenté à un moment donné d’organiser l’opposition extraparlementaire mais ceux avec qui on a voulu organiser l’opposition extraparlementaire, je crois que nous n’étions pas sur la même  longueur d’onde. On s’était trompés que nous avions les mêmes convictions, les mêmes visions de l’avenir de notre pays, du sérieux que nous devrons faire pour changer la situation. A ce niveau-là, nous appartenons je veux parler du Bloc Libéral, nous appartenons à l’opposition républicaine où nous sommes en train d’évoluer au sein de celle-ci. Il y’a non seulement des partis politiques qui ont leurs représentants à l’Assemblée mais également des partis politiques qui n’ont pas de représentants à l’Assemblée. Tout ce qu’on est en train d’entendre de revendication aujourd’hui au niveau de l’opposition républicaine, le Bloc Libéral est partie prenante.

Interview réalisée par Oumar Daroun Bah (L’Indépendant)