« Depuis l’accession d’Alpha Condé au pouvoir, nous avons perdu plus de 50 personnes », entend-on souvent dire le chef de file de l’opposition et ses ouailles. Cette comptabilité macabre est servie à la carte, à la pelle, à satiété dans tous les débats politiques, dans les médias, etc. C’est à croire qu’elle sert de marchandage politique.

Il est cependant inhumain de faire son miel sur le dos des corps généralement issus des familles modestes. Qu’on se le tienne pour dit, les corps qu’on s’empresse de mettre dans les trous du cimetière de Bambéto à l’occasion des funérailles entrecoupées de discours politiques, appartiennent non pas à un parti politique mais à leurs familles d’abord puis à la nation.

Celles-ci devraient s’indigner de voir de jeunes gens lumineux tombés dans les ténèbres de la manipulation, du cynisme politique. Tout Guinéen victime d’une balle lâche, est un mort de trop.

N’est-il pas temps d’arrêter cette hémorragie nationale ? En ouvrant des enquêtes sérieuses sur les cas de morts dans les manifestations, et le cas échéant, sanctionner les coupables.  Si cela mérite d’être fait pour que jamais ça, il est aussi impératif que l’opposition arrête de mettre dans les manifestations déclarées à hauts risques parce que mal organisées, et surtout non déclarées à l’autorité.

Récemment, l’UFDG a déclaré avoir  enterré « un autre martyr de la démocratie ce 19 avril ». Une autre étiquette qu’elle mettra à coup sûr sur une marchandise vendue à vil prix, parce que de mauvaise qualité: la surenchère politique.

Il semble qu’entre la plume d’un érudit et le sang du martyr, Dieu choisirait la première, nous enseigne des saints. Bon Dieu aurait sans nul doute porté sa préférence à un dialogue entre parties dans le conflit politique guinéen que le sang des enfants dont les parents sont astreints au « pardon parce qu’ils sont musulmans » (Cellou Dalein Diallo).

Ibrahima S. Traoré

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