Le drame de Taouyah, avant lui celui de Lambanyi, évoquent un autre drame en Guinée: l’absence de la sécurité dans nos lieux publics. En Guinée, les grandes rencontres se font presque au claquement de doigts. Mais jamais les lieux ne sont sécurisés par des organisateurs encore moins par l’Etat. Ci-dessous quelques petits exemples.

Manifs politiques. Les organisateurs ne mettent l’effort que dans la mobilisation. Le reste ? Pas leurs trucs. Si fait que ces manifestants cassent tout sur leur passage et se font canarder pas des forces de sécurité qui, dans des conditions normales, doivent s’occuper de leur sécurité. Mais comme les conditions sont le plus souvent anormales, les dérapages lors des manifestations sont gérés à l’emporte-pièce. Et les organisateurs, le plus souvent détalent au moindre accrochage avec  les agents de sécurité. Et pourtant organisateurs et Etat devraient assurer la sécurité des manifestations.

Spectacles. Nos spectacles sont tout sauf les lieux où on peut, en sécurité, se réjouir. Généralement organisés par des mercantilistes qui vendent des tickets plus qu’il n’y a de places. On n’y prévoit pas des issues de secours, les secouristes comme la Croix-Rouge ne sont pas invités. A la plage, on ne prévoit pas de maîtres-nageurs, etc.

Marchés. Faites un tour au grand marché de Madina ou à Matoto, vous chercherez en vain une bouche incendie. Même à l’aide des microscopes. Les allées étriquées de ces marchés peuvent inexorablement mener un jour à la catastrophe.

Tout ceci entre dans une problématique qui, loin d’un ‘’sécuritarisme’’ primaire et de mauvais aloi, devrait amener nos dirigeants à intégrer la sécurité des citoyens dans leurs politiques. En Guinée, il n’y a même pas l’équivalent du plan ORSEC (organisation des secours) comme il en existe dans tout pays moderne et bien organisé.

Pour tout dire, nous manquons de sécurité dans nos lieux publics et il est temps que l’on (les autorités, s’entend) s’en préoccupe au lieu d’attendre qu’arrive l’irréparable pour enfin prendre les dispositions qui s’imposent. Mieux vaut prévenir que guérir…

Ibrahima S. Traoré

 

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