La desserte en électricité s’est fortement détériorée ces derniers temps à Conakry. Selon nos informations, la centrale de Tombo qui devrait produire 70 MW ne produit pour le moment que 10 MW suite à une panne. Ce déficit, selon nos enquêtes, pouvait être en partie comblé si EDG, la guinéenne de l’électricité, utilisait judicieusement la centrale d’Aggreko mise à sa disposition par le gouvernement.

On se rappelle qu’EDG et le leader mondial des services d’alimentation électrique temporaire, Aggreko, ont signé, le 8 août dernier, un contrat portant sur la fourniture de 50 mégawatts (MW) supplémentaires de courant électrique à Conakry durant six mois. Le montant du contrat de location s’élève à environ 10 millions de dollars.

Si depuis plus de deux mois la centrale d’Aggreko est installée à Yimbayah, force est de reconnaitre qu’elle est utilisée en deçà de sa capacité. Selon nos informations, la centrale louée pour fonctionner 24 h/24 n’est utilisée par EDG que pendant six heures jour ou 12 heures au meilleur des cas. Là aussi rarement les 40 MW sont atteints. Selon nos enquêtes, EDG ne voudrait pas lancer la centrale 24h/24 avec le maximum de sa capacité (50MW) pour simplement économiser le carburant qui couterait au bout des six mois un peu plus de 60 millions de dollars. Alors question : pourquoi a-t-on loué les groupes sin on n’était pas à mesure de leur assurer une fourniture correcte du carburant ? N’est-ce pas un autre gâchis ?

Aggreko, entreprise britannique, listée à la Bourse de Londres, spécialisée, entre autres, dans la location de groupes électrogènes, est-elle entrée dans la malédiction EDG ? En tout cas l’entreprise qui a fait un chiffre d’affaires mondial de 1,84 milliard d’euros en 2012, a fait ses preuves dans plusieurs pays africains, dont le Sénégal, le Niger, le Cameroun, la Côte d’Ivoire…avant de se confronter à l’exception guinéenne.

Aziz Sylla

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