Dans son allocution tenue à l’occasion du 64è anniversaire de l’armée guinéenne, le colonel Doumbouya, chef de la Transition, nous dit que nous vivons la « dernière transition ouverte le 5 septembre 2021 ». Cette Transition « s’est donnée comme vocation historique de transformer fondamentalement l’Etat afin de mettre un terme aux transitions politiques dans notre pays », ajoute-t-il.

Cette vision des choses est partagée par de nombreux Guinéens par naïveté, peut-être ; par opportunisme, sûrement.

Parce qu’on se le tienne pour dit : les coups d’état s’arrêteront quand l’armée comprendra qu’elle n’a aucun rôle à jouer dans la gouvernance politique.  Parlant de l’armée, le commandant Toumba à la barre nous dit : « Ce qui est enseigné, c’est la loyauté envers le peuple, la soumission à l’autorité civile. »

D’ailleurs si on s’en tient au comment Dadis et sa clique sont venus au pouvoir, selon Toumba, on se rend compte que le coup d’état n’a pas été fait, parce que « le peuple est opprimé par ses élites ». Mais simplement parce qu’un homme était assoiffé d’un pouvoir qu’il pouvait braquer sans fournir assez d’efforts. Etions nous dans la même configuration, il y a un peu plus d’un an ?  On sait de toute façon que les causes du putsch du CNRD, telles qu’évoquées persistent de nos jours.

La « refondation », un concept dont on a du mal à cerner tous les contours peut-elle nous épargner un autre coup d’état ? Les joueuses de cauris de Boulbinet sauraient mieux se prononcer.

En tout cas au Mali voisin, la constitution de 1992 est allé jusqu’à criminaliser le coup d’état en ces termes : « Le fondement de tout pouvoir en République du Mali réside dans la Constitution. La forme républicaine de l’Etat ne peut être remise en cause. Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’Etat. Tout coup d’Etat ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien » (art.121).

Et depuis, le Mali a connu trois coups d’état.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com