Le gouvernement renoue avec la même rengaine révoltante : ouvrir une autre enquête suite à l’assassinat d’un autre ancien haut commis de l’Etat et responsable de programme au sein du système des Nations-Unies. Cette démarche vise tout simplement à noyer le poisson, à apaiser les cœurs. Les jours qui suivent, plus personne n’en parle. Il y a bien lieu de se demander s’il n y a pas une forte complicité dans les assassinats ciblés.

Les enquêtes s’ouvrent en Guinée, à chaque fois qu’il y a des crimes crapuleux visant de hautes personnalités administratives – La directrice nationale du trésor public, Aissatou Boiro,  et  Mohamed Gussein, cadre aux Finances, le commissaire de police, Pascal Bangoura, Sader Diallo, de la Jeunesse, etc. – ou politiques comme c’est le cas avec le chef de la section motard de l’UFDG tout aussi  tué dans des conditions obscures.

Le gouvernement est très prompt pour annoncer l’ouverture d’enquêtes. Seulement, ces enquêtes ne se referment jamais. Les coupables présumés, commanditaires présumés ne sont jamais retrouvés. On présente parfois, à la télévision des hommes et femmes pris comme tels et tout se limite là. Juste pour faire sécher les larmes de la famille des victimes, souvent avec des enveloppes financières et une délégation gouvernementale. Et puis c’est tout. De longues années après l’assassinat de ses personnalités, le gouvernement ne fait plus rien. Contrairement à ce qui s’est passé dans une autre partie de la Guinée où les autorités ont vite diligenté une enquête et traduire les coupables devant les tribunaux.

Aujourd’hui, avec l’assassinat de Thierno Aliou Diaouné qui était jusque-là le coordonnateur national du fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (PBF), assumant l’opérationnalisation technique des différents volets dudit Fonds (la Réforme du Secteur de la Sécurité, la Promotion de la Réconciliation Nationale, l’Emploi des Jeunes et des Femmes), Moustapha Naité fait savoir à travers un communiqué que « le Président de la République  a ordonné l’ouverture d’une enquête afin que toute la lumière soit faite sur la mort tragique de notre compatriote. Les criminels, une fois identifiés, seront punis conformément à la règlementation en vigueur en la matière. » Quoi de nouveau ? Absolument rien. C’est la même rengaine.

C’est pourquoi, le député Ousmane Gaoual Diallo, lui choisirait un seul au hasard : révolte. Et de justifier : « Les Guinéens doivent impérativement se révolter contre cette insécurité volontairement entretenue dans notre pays. Révoltez-vous contre l’assassinat de Mme Boiro, d’Amadou Oury, de Diaouné et des 60 victimes de l’opposition. Vous leur devrez bien ça pour votre liberté pour la Guinée, à l’ensemble des victimes tombées dans le silence absolu d’un gouvernement qui montre chaque jour son incapacité. »

De toute évidence, aucun Guinéen n’est aujourd’hui épargné de l’insécurité. Chacun sort le matin sans jamais savoir s’il pourra rejoindre sa famille le soir. « On se promène avec son cercueil », lâche un confrère ayant échappé bel à un kidnapping par des inconnus, juste au niveau du petit carrefour de Kipé, appelé ‘’Metal Guinée’’, la semaine dernière. La Guinée est-elle devenue un no mans land? On est vraiment tenté de la croire. En attendant, attenter un procès contre le gouvernement pour non assistance à personne en danger ne serait vraiment pas aberrant. Car, après tout, tuer en Guinée est devenu trop banal.

In Le Démocrate, partenaire de guinee7.com

 

 

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