Ce jeudi à Conakry,  des enseignants réunis au sein de la PEEPG, ( plateforme des enseignants des écoles privées de Guinée) ont attiré l’attention de l’Etat sur leurs conditions de vie, à travers un regroupement à la suite duquel une déclaration a été lue. 

Dans la déclaration lue par Elie Fara Leno, vice président, la plateforme se dit consciente de « l’abandon dont fait objet le secteur de l’enseignement privé dans notre pays et de la particularité de chaque établissement privé, soucieuse de la formation des enfants qui est déjà tronquée à cause des grèves syndicales et politiques à répétition, de l’affairisme des administrateurs scolaires», elle a fait deux demandes au gouvernement.

Au premier point, la plateforme a dénoncé le manque de réaction de l’État suite à leurs interpellations. «A l’État de venir immédiatement au secours des enseignants des établissements privés dont la souffrance est un secret de polichinelle. Aujourd’hui comme jamais ces enseignants ont besoin de protection et de l’aide de l’État qui continue apparemment à faire le sourd. Nonobstant les différentes déclarations et interpellations, notre État reste indifférent à nos problèmes comme si nous étions des étrangers ou des réfugiés.»

«La réouverture des classes qui se profile ne saurait résoudre nos difficultés parce que tout simplement le manque de salaire pendant trois mois ne nous a pas permis de préparer financièrement les vacances. La Plateforme demande également à l’État, qu’après cette crise qui a mis à nu les tares du secteur de l’enseignement privé, de créer un cadre de concertation composé de tous les acteurs du système éducatif pour poser le diagnostic des problèmes dont souffrent l’enseignement privé et que les solutions soient envisagées pour que plus jamais ça.» ont-ils plaidé ensuite.

Avant de proposer des pistes de solution, pour une sortie de crise. «Dans le souci de préserver l’avenir déjà affecté de nos élèves , la Plateforme demande aux Fondateurs d’ouvrir un couloir de dialogue avec leurs travailleurs pour permettre une sortie de crise honorable en préservant l’intimité et la collaboration que nous entretenons depuis toujours. Nous devons former ensemble un bloc à cette occasion de crise , douleureuse soit-elle, pour réclamer de l’État l’application des textes réglementaires de notre secteur.»

Par ailleurs, ils ont indiqué que cette action « est l’aboutissement et l’expression de notre ras-le-bol qu’on a toujours exposé sur les médias. Nous restons cependant convaincus qu’en tant que fils de ce pays et rendant un service public , nous avons le droit dans les moments difficiles , de réclamer de nos autorités une assistance sociale. L’heure n’est pas aux théories juridiques ou économiques mais plutôt au réalisme , au statu quo . La réalité de nos jours est que les enseignants des écoles privées souffrent honteusement et ont besoin d’être assistés.»

Enfin, ils ont fait savoir que : «dans le respect des mesures sanitaires édictées par le gouvernement et de l’ordre public , la Plateforme continuera les regroupements en petits nombres jusqu’à l’obtention d’une proposition concrète de la part de l’État».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com