Dans l’entretien qu’il a accordé à notre reporter, le président de la Plate national des Citoyens unis pour le Développement (PCUD),  Abdourahamane SANO parle des préparatifs des états généraux de la société civile guinéenne, de la candidature de Moussa Dadis Camara et répond  à Sidya Touré…

Où en êtes-vous Monsieur le président avec les préparatifs des états généraux de la société civile guinéenne initiés par votre structure (PCUD)?

Abdourahamane SANO: Les préparatifs évoluent très bien. Nous avons terminé avec toutes les phases préliminaires,  à savoir l’information, la concertation, le partage avec les familles de la société civile, les échanges avec les acteurs de la société civile guinéenne à Conakry, comme  dans les préfectures. Aujourd’hui, cela nous a permis de toucher plus de 700 organisations de la société civile. Et précisément 767  organisations de la société civile voire 800 ont été pratiquement touchés sur toute l’étendue du territoire national, ça c’est un acquis important parce qu’à la date d’aujourd’hui  dans les préfectures et dans les régions, nous avons les points focaux qui sont pratiquement installés   par le comité d’organisation des concertations et nous allons maintenant vers la mise en place du comité de pilotage et le lancement des concertations dans les préfectures  au niveau de la diaspora avant les assises proprement dites.

Ces états généraux initiés par la PCUD ne sont pas vus d’un bon œil au sein de toute la société civile. Qu’en est-il réellement ?

Ecoutez, il est très difficile de faire l’unanimité. Au départ c’était très difficile. Même la presse en a fait écho,  mais l’écrasante majorité était déjà   tout de suite dans la dynamique  parce que tout le monde voit la nécessité de la société civile pour reconstituer ou  restaurer sa crédibilité, sa légitimité, tout le monde sait que la société civile a perdu en crédibilité, a perdu en légitimité et n’est plus représentative des aspirations des citoyens et cela est un défi pour nous, pour en tout cas faire de sorte que la société civile puisse être utile dans notre pays, donc aujourd’hui nous tendons vers l’unanimité  et je crois que cela devrait être possible  avec l’évolution de la situation.

Le CNOSCG, l’une des principales  organisations de la société civile guinéenne s’opposerait carrément à la tenue de ces états généraux. Comment comptez-vous les faire  adhérer à cette initiative ?   

Ecoutez ! j’ai dit bien que nous tendons vers l’unanimité, et je crois tout le monde va se retrouver dans la dynamique des états généraux de la société civile et la lecture de la situation a évolué. Il ya eu beaucoup d’informations, je crois à l’unanimité des uns et des autres.

Sur le retour et  la candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle de 2015, avez-vous un commentaire, Monsieur Sanoh ?

Ecoutez ! que le président Dadis vienne en Guinée c’est chez lui. C’est tout à fait logique qu’il vienne dans son pays. Il est vrai malheureusement qu’il ya des dossiers je crois que pour avoir été le premier citoyen à un moment donné  de ce pays, lui même n’est pas opposé à ce qu’effectivement qu’il puisse être interpellé par rapport à ce dossier. Donc, je ne vois pas de mal qu’il vienne en Guinée.

Que répondez-vous aux propos de Sidya Touré, selon lesquels la société civile devrait s’impliquer dans le combat dans le changement que de jouer  à la médiation entre le pouvoir et l’opposition ?

Dans le contexte actuel, les acteurs de la  société civile doivent être conscients de leur limite.   Et c’est pour ça que nous avons lancé les états généraux de la société civile parce que, aussi longtemps que les acteurs de  la société civile seront des affiliés politiques,  et aussi longtemps que ces acteurs ne se seront pas remis en cause par rapport à certains comportements qu’on connaît encore aujourd’hui, d’ailleurs qu’on a connus très fortement dans le passé, les acteurs de la société civile ne pourraient pas influencer sur le cours des choses. Ces propos de Sidya Touré permettront aux acteurs de la société civile d’être conscients des faits,  pour tirer les leçons de ce qui a marché et de ce qui n’a pas marché et qu’en dehors de toute démagogie et de toute hypocrisie, que nous puissions prendre conscience. Nous avons besoin de la confiance des citoyens et pour cela, il faut que nous soyons des acteurs indépendants, impartiaux et qui soient accrochés aux idéaux qui nous engagent. Cela passe par le respect strict de nos règles, principes  et de nos valeurs, la démagogie ne peut pas nous arranger. On ne peut pas continuer dans ce sens. Les acteurs de la société civile doivent prendre conscience de cette remarque de Sidya Touré, et moi je considère cela comme une interpellation qui devrait pouvoir attirer notre attention.

                                              Interview réalisée par Alsény Fadiga (L’Indépendant)