Après ses travaux d’audit sur le fichier électoral guinéen, la mission des experts de la CEDEAO a trouvé le même nombre d’électeurs que la Commission Électorale Nationale Indépendante (5 millions 410 mille 089 électeurs). Cette mission a présenté son rapport ce mercredi 23 septembre 2020, en présence des acteurs du processus électoral. 

A peine présenté, ce rapport a, comme l’on pouvait s’y attendre, été contesté par l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le parti du principal challenger d’Alpha Condé.

En tant représentant dudit parti à cette rencontre, Mamadou Cellou Baldé, le vice-président de la commission électorale de l’UFDG, a indiqué qu’ « en tant que partie prenante majeure dans ce processus, nous sommes extrêmement déçus de la manière dont la séance s’est déroulée. D’abord sur la forme. Pour nous, si on présente un rapport final d’un audit qui a été fait par la CEDEAO, il fallait permettre aux partis politiques en compétition de pouvoir exprimer leurs réserves et leurs recommandations par rapport à  ce travail », a déploré l’ancien député.

« De l’autre côté, poursuit-il, il faut dire que ce qui a été fait est un travail solitaire parce que la CEDEAO, dans sa démarche, n’a pas décliné les termes de référence, n’a pas associé les partis politiques qui sont là. Vous savez que chaque activité qui a été menée fait suite au rapport d’audit du fichier électoral mené en 2018 sur la base de l’accord politique du 12 octobre 2016. Donc nous n’avons pas eu connaissance des termes de référence, nous n’avons été associés ni de près, ni de loin au travail ».

En outre, M. Cellou Baldé a estimé qu’il y également eu « une violation flagrante des articles 30 et 31 du Code électoral qui font obligation à la CENI d’afficher la liste électorale pour que chacun puisse faire le contrôle de son inscription avant que le fichier ne soit validé en dernier ressort. Egalement, ce travail viole l’article 5 du protocole additionnel de la CEDEAO qui stipule que le contrôle général des électeurs doit se faire pour que chacun puisse savoir s’il est inscrit ou pas, pour que si tu n’es pas inscrit, tu puisses saisir la CENI ou faire un recours auprès des tribunaux de première instance compétents pour que tu sois rétabli dans tes droits avant l’émission des cartes d’électeurs ».

Pour tout dire : « le discours que nous venons de suivre est un discours qui ne nous rassure pas. On nous dit que dans le fichier électoral de 5.323.179, il y a 2 millions d’électeurs guinéens qui sont enrôlés sur la base d’attestations contresignées. Ça, c’est plus de 50% du corps électoral guinéen alors que les pièces d’identité, les passeports sont là pour indiquer que telle personne est guinéenne et telle autre ne l’est pas. Aujourd’hui, on comprend aisément le gonflement du corps électoral du côté de la Haute Guinée. Cela se justifie par le fait que des administrateurs territoriaux, des commissaires complices sont allés remplir les attestations contresignées pour donner à des gens qui n’ont pas le droit d’être dans le fichier électoral guinéen».

Mohamed Soumah pour Guinee7.com