On aura tout vu dans ce pays. Dans le football guinéen, le président de la République aurait mandaté son ministre d’Etat et conseiller personnel, Tibou Kamara, pour « éteindre le feu » entre un ancien président de la Féguifoot et l’actuel président de la même institution. Mais pour quel intérêt ?

Arrivé en 2017 à la tête de la fédération guinéenne de football, Antonio Souaré fait face – on ne peut le nier- à une véritable opposition menée principalement par son ancien pote, Salifou Camara alias Super V, qu’il a remplacé à la tête de l’instance dirigeante du football guinéen. Ce dernier, depuis des mois, est poursuivi pour notamment « détournement de plusieurs milliards de francs guinéens ». Un chef d’accusation largement suffisant pour qu’il se braque contre l’équipe en place à l’origine de ses ennuis.

Des meilleurs ennemis

Ils étaient pourtant « amis » – Antonio et Super V -, enfin on peut être tenté de réfléchir ainsi. Le premier a été au chevet du football guinéen pendant une bonne partie de la présidence du second. Mais aujourd’hui, c’est une vieille histoire. Les deux ne veulent pas se voir en peinture. Celui-ci a encore du mal à supporter sa défaite face à celui-là au moment de la reconquête de la présidence de la Féguifoot. Entre les deux c’est désormais à qui sait faire plus mal !

La galaxie Antonio tremble !

Et depuis un certain temps, panique générale à bord du navire Antonio. Ses plus proches qui, le plus souvent sont aussi proches de Super V, sont dans une dynamique à réclamer une « réconciliation » entre les deux hommes.

Dans un premier temps, on peut comprendre par-là, une volonté de ramener un climat de sérénité dans la famille du football afin surtout, pour appeler un chat un chat, d’alléger la pression autour  d’Antonio Souaré, -qui a plutôt vécu un premier mandat mouvementé.

Mais à y pousser l’analyse, on s’aperçoit aisément que les bons samaritains défendent plutôt leur sandwich mais aussi voudraient, en prélude du congrès électif du début d’année prochaine, tuer des ambitions de candidature de quelqu’un qui a soif de pouvoir (Super V). Dès lors, pour quel intérêt réconcilier les deux ?

C’est une Lapalissade que de dire Antonio et la famille du football guinéen ont raison de s’inquiéter d’un probable retour de « monsieur solitaire » qu’on dit rancunier comme la Mule du Pape !

Mais on s’en fout éperdument de qui est le diable. La vérité dans cette histoire, est qu’il n’y a aucune logique à faire de la médiation entre ces deux hommes. Il y a un procès en cours, mais ça coûte combien d’attendre son issue pour se faire une idée de qui est le diable ? Antonio ou Super V ?

Si les deux sont adversaires, ce n’est ni la première, ni un crime, encore moins la fin du monde. S’ils peuvent tous être candidats en 2021, ceux qui sont habilités à voter les départageront. L’adversité n’est pas un crime dans le football, ça va avec.

Donc les gens peuvent, et ils doivent d’ailleurs, arrêter de se présenter en public avec de fausses barbes. Ainsi va la vie!

Aziz Sylla pour guinee7.com