Rusal, la société qui gère Friguia se moque apparemment de quelqu’un. Non contente d’avoir abandonné les travailleurs de la première usine d’alumine en Afrique depuis mars 2012, la société a coupé la prime qu’elle accordait aux travailleurs depuis le début de cette année. Cette prime (1 million 50 mille soit la moyenne de la masse salariale) a été obtenue suite à de nombreuses pressions notamment celle du chef de l’Etat. Si elle ne correspond à aucune disposition du code de travail, elle permettait néanmoins jusqu’au mois dernier aux travailleurs d’amoindrir leurs charges. Selon nos informations Rusal qui règne en terrain conquis à Fria a décidé de couper cette prime parce qu’elle n’aurait pas eu, au mois d’avril dernier, la signature du transport des mines de Dian Dian par les chemins de fer de la CBG.

Mis au parfum de cette décision de Rusal, le ministre des Mines, Kerfalla Yansané, aurait exigé la reprise du payement de la prime ; tout en invitant Rusal à désormais  dissocier le cas de Friguia à celui de Dian-Dian. Sera-t-il entendu ? C’est toute la question.

On sait, par ailleurs, que Rusal, par manque d’investissements fiables et d’expertise, a fortement dégradé les installations de l’usine qui plus sont abandonnées aux intempéries depuis 2012. Compte tenu de la dégradation poussée des installations, et des impératifs actuels du marché, des spécialistes estiment que pour rentabiliser l’usine il faut ‘‘soit l’extension, soit construire une nouvelle usine en améliorant les technologies’’.

L’autre question est : Rusal a-t-il des moyens pour faire face à ces nouvelles exigences ? Tenue par un patron dispendieux, Oleg Déripaska, la russe de l’aluminium, ne semble pas avoir suffisamment de moyens pour cela. C’est pourquoi, aidé par le gouvernement russe, qu’elle garde comme épouvantail face au gouvernement guinéen,  Rusal a pu obtenir les mines de bauxite de Dian-Dian, parmi les plus riches du monde, pour lui permettre de ‘‘renflouer ses caisses’’.

Dès sa prise de fonction, le ministre des Mines, Kerfalla Yansané, a signifié aux dirigeants de Rusal que leur priorité devrait être la reprise de Friguia. Mais l’entreprise butte apparemment contre une réalité que même la reprise  des cours de l’aluminium ne peut l’aider à surmonter : le manque de moyens.

Ibrahima S. Traoré

 

 

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