Le syndicat de la SAG est allé en grève sans préavis le week-end dernier pour une revendication de bonus annuel. Il a barricadé l’accès aux installations empêchant l’expédition de la production et le décollage de l’avion que devait emprunter les officiels en mission dans la région.

Selon nos informations, il est de tradition dans le groupe AngloGoldAshanti d’accorder chaque année aux travailleurs un bonus calculé en fonction du niveau de production réalisée. Selon une méthode qui s’applique à toutes les filiales à travers le monde.

‘‘Cette année, le calcul fait par la direction permet d’accorder aux travailleurs de la SAG, un bonus équivalent à 50 jours de travail en plus du salaire de décembre. Ce calcul qui a été approuvé par le Senior Vice-président du continent africain du groupe AngloGoldAshanti est rejeté par le syndicat qui demande le paiement de 2 mois de bonus supplémentaire sans aucune base. Avec le seul argument qu’ils n’ont pas été associés au premier calcul’’, nous indique une source proche de la direction de la société.

La direction informée, aurait proposé au syndicat le recalcule du montant du bonus tout en expliquant que ‘‘la nouvelle procédure demande l’approbation avant la diffusion et qu’il y a une possibilité de recours pendant les 30 jours qui suivent le paiement’’.

Le syndicat refuse cette proposition et place la barre des revendications très haut en demandant le départ de Siguiri, le DG de la SAG, M. Abdourahmane Diaby.

La communauté impliquée dans une revendication catégorielle

Face à l’intransigeance de la direction quant au respect des procédures, le syndicat opte pour une ‘‘nouvelle méthode’’ de résolution de ses problèmes en associant la communauté à ses revendications. Ils font du départ du directeur une condition sine qua non.

La compagnie qui souhaite voir l’autonomie de gestion de l’entreprise respectée, refuse naturellement de céder à ce qui convient d’appeler, chantage : ‘‘La revendication catégorielle et les demandes sociales devraient être menées séparément. Les nominations de hauts responsables des filiales se font suivant les règles du Groupe. Les demandes des communautés sont toujours prises très au sérieux quand elles sont légitimes. Mais une communauté ne peut en aucun cas demander le départ d’un directeur en se fondant sur des revendications catégorielles’’, nous dit-on.

Un syndicaliste que nous avons pu joindre, préfère ne pas s’exprimer sur l’affaire parce que ‘‘je n’ai pas été mandaté par mon secrétaire général. Faites comme vous avez pu me joindre pour le joindre. Moi j’ai cherché à la joindre, son téléphone est fermé’’, nous répond-il.

Pour le moment, les autorités locale et celle du ministère tentent une médiation rendue difficile par la demande de la demande du départ du DG par la communauté sous prétexte que celui-ci n’est pas de la région.

L’affaire se corse donc et le groupe AngloGoldAshanti pourrait revoir sa politique d’investissement en Guinée si les autorités se montraient incapables de faire respecter la loi et les clauses du business.

Le syndrome de Friguia, Zogota, Semafo

Au moment où l’once d’or perd sa valeur -de 1200 dollars comme projeté, il était à 1131 dollars, hier-, il est à craindre, à Siguiri, les scenarii de Friguia, de Zogota, de Semafo, où les revendications catégorielles menées par des syndicats peu soucieux de la préservation de l’outil de travail et/où les communautés sont allées au-delà du minimum acceptable ont abouti à la fermeture des usines. C’est certainement pour éviter la duplication de ces cas à Siguiri que selon nos informations, le gouverneur de la région, Mohamed Gharé aurait réuni toutes les parties aujourd’hui en mettant le point sur le i.

Il aurait indiqué que force doit rester à la loi. ‘‘Le syndicat doit s’occuper des revendications catégorielles, la communauté à son développement et il revient à l’entreprise de changer ou pas un directeur’’, aurait-il précisé.

Pour rappel, la SAG emploie plus de 3 000 personnes majoritairement originaires de Siguiri et particulièrement de Bouré. Elle assure en plus des emplois, la fourniture de l’électricité à la préfecture de Siguiri et dans le Bouré, et verse plus de 12 milliards de francs guinéens par an aux communautés locales en plus d’autres actions sociales.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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