Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Mory Doumbouya, a rencontré mercredi, à leur siège dans la commune de Kaloum (Conakry), le bureau de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée.

L’objectif de la rencontre a été de parler du débrayage que ce maillon de la chaîne judiciaire guinéenne a commencé depuis lundi 12 avril et aussi discuter globalement sur un cadre de concertation qui pourrait aboutir à la résolution des problèmes inhérents à l’appareil judiciaire du pays.

Au sortir de la réunion qui s’est déroulée à huis clos, les deux parties se sont dites très heureuses des discussions.

 Le ministre a déclaré avoir eu, « des échanges très enrichissants avec la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée. En ma qualité du vice-président du conseil supérieur de la magistrature, du ministre de la Justice grade des Sceaux, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de venir à la source pour échanger avec la chambre nationale pour accéder aux vraies informations. Les discussions sont en cours. Au-delà des revendications posées et pour aplanir les divergences de vues dans le cadre d’un large réseau de concertation pour trouver le compromis qu’il faut pour la reprise rapide des activités. Chaque ordre professionnel va tirer des conclusions des échanges effectués avec le garde des sceaux et très rapidement, nous allons nous retrouver dans un cadre de concertation pour définir les nouvelles lignes d’orientation ».

Il a enfin tenu à préciser ne pas être venu pour faire « un lobbying et demander aux huissiers et avocats de reprendre dès demain. Ce serait l’idéal. Mais j’ai suggéré que l’on se retrouve dans un vaste cadre de concertation pour aborder toutes les questions et nous orienter dans la même direction. C’est ça notre souci ».

Même sentiment pour Camara Sory Daouda, président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée. « Il est venu, on a discuté. Les échanges ont été fructueux. Nous n’avons pas encore abordé la question qui consiste à mettre fin au mouvement. Parce que selon les analyses du garde des Sceaux que nous avons vu très pertinentes, au-delà de la simple question qui est posée, c’est-à-dire concernant l’inexécution des décisions de justice, il se trouve qu’il y a d’autres maux beaucoup plus profonds qui gangrènent de façon générale le fonctionnement de l’appareil judiciaire guinéen. Il a dénoncé ce qui ne va pas en notre sein, il a dénoncé ce qui ne va pas chez les avocats, chez les magistrats, puisque c’est un sorcier de la maison. Il connait la maison », a-t-il déclaré.

« Il s’est montré plutôt démocrate. Parce que d’aucuns auraient pensé que le ministre aurait demandé aux huissiers sans solutions aucune de reprendre nos activités. Tel n’a pas été le cas. Il nous a donné raison. Il a dénoncé la défaillance du parquet. Le parquet aurait dû éviter ce mouvement. Nous avons mené des démarches des mois durant. Si le parquet avait su prendre des dispositions on aurait pu ne pas aller à ce débrayage. Il nous invite à un cadre de concertation pour débattre de l’ensemble des problèmes », a estimé le président de la chambre nationale des huissiers.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com