La grève que le mouvement syndical menaçait de déclencher le lundi 15 février, au moment où nous allions sous presse,  suite au refus du gouvernement d’appliquer la convention relative à la flexibilité des prix des hydrocarbures à la pompe, et la « colère » suscitée au sein de l’opinion par l’attentat qui a visé le contingent guinéen basé à Kidal, dans le nord du Mali, où 7 soldats ont péri, constituent une épreuve pour le chef de l’Etat, qui n’avait pas connu de tels soubresauts sous son premier mandat.

Le mouvement syndical a fini par maintenir son mot d’ordre de grève prévu pour ce lundi 15 février, après l’échec des négociations avec le gouvernement. Au cours d’une assemblée générale qui s’est tenue le vendredi dernier à la Bourse du travail, les délégués du mouvement syndical ont reconnu cet échec et décidé sous la pression de leurs mandants d’aller en grève à partir de ce lundi.

Durant cette réunion axée sur le compte rendu de leur mission, Amadou Diallo, secrétaire général de CNTG a déclaré que face à l’échec des négociations entre les syndicats et le gouvernement, le mot d’ordre de grève restait maintenu.   Rappelant que l’implication des coordinations régionales, des chefs religieux, des patronats, et de la société civile n’auraient pas réussi à rapprocher les positions des deux parties.  Le dernier devait en effet revenir au chef de l’Etat, qui a maintenu la position affichée par son gouvernement depuis le début de cette crise, en refusant simplement de baisser les prix du carburant à la pompe. Arguant que les caisses de l’Etat sont vides et que les institutions de Bretton Woods, à savoir le FMI et la Banque Mondiale sont attendus au mois de mars en Guinée, en vue de procéder à une revue du programme guinéen. Et que toute décision à prendre autour de l’application de la flexibilité des prix des produits pétroliers à la pompe, dépendra de l’issue de cette mission. Et qu’il faudra donc s’armer encore de patience.

Un discours qui n’aurait pas été du goût des centrales syndicales, qui ont maintenu donc leur mouvement de grève générale illimitée, dont le démarrage était prévu pour ce lundi 15 février.

Depuis son avènement aux affaires en décembre 2010, ce serait la première fois que le président Alpha Condé croisera le fer avec le mouvement syndical. Jusque là, il avait réussi à gérer leurs humeurs, sans que cela n’éclate au grand jour.

Le  démarrage de cette grève coïncide avec l’attaque du camp de la MINUSMA, abritant le contingent de soldats guinéens, dans le nord Mali. Une  attaque qui aura fait 7 tués, ainsi qu’une trentaine de blessés parmi les militaires guinéens. De quoi provoquer la colère chez certains proches des victimes, et au sein de l’opinion, qui commence à douter des capacités de cette force à faire face à la menace terroriste. Tout ceci constitue une épreuve pour le chef de l’Etat, fraîchement réélu pour un second mandat. Saura-t-il éviter à son pays des convulsions sociales, à l’image de celles de 2007, qui avaient failli emporter le régime du général Lansana Conté ? Les jours à venir vont nous élucider sur la manière dont le pouvoir va se prendre pour mettre un terme à cette grogne sociale.

Mamady Kéita in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com