C’est l’honorable Jean Marie Doré qui estimait que l’opposition guinéenne était la plus bête d’Afrique. En fait, il s’agissait à l’époque de l’opposition à Lansana Conté. Aujourd’hui, l’on se demande si l’opposition actuelle n’est pas autant sinon plus bête que celle qui était opposée à Lansana Conté. Il est évident que l’on a en face une opposition sans repères, sans conviction et sans stratégies. Elle appelle à une journée ville morte pour le jeudi à venir sans tenir compte de certaines réalités guinéennes. En effet, il est un secret de polichinelle que le Guinéen vit au jour le jour pour trouver sa pitanche quotidienne. La fête de Pâques est prévue pour le dimanche prochain et le lundi de Pâques est toujours férié, chômé et payé. C’est dire qu’un long week-end attend les Guinéens qui n’auront pratiquement que jeudi et vendredi pour trouver de quoi fêter (même si c’est une fête chrétienne, on sait que tout le monde fête ensemble) et de quoi survivre. Ces opposants qui ont fait des réserves depuis des années pensent-ils que les Guinéens sont bêtes comme eux ? Mais non, ils auront pour soucis de chercher de quoi subsister que de rester cloitrés à la maison pour obéir à un mot d’ordre ridicule et idiot. C’est cela le manque de stratégie et de vision. C’est cela aussi la bêtise qui amène à prendre des mots d’ordre sans trop réfléchir. L’opposition devrait se rappeler l’échec de ses différents appels à la désobéissance civile pour mieux asseoir ses stratégies.

Si, sous d’autres cieux, les oppositions ont souvent réussi à s’accorder sur un minimum pour concocter des stratégies, rendre le jeu démocratique crédible et digne d’intérêt, ici en Guinée, il faut malheureusement reconnaître qu’on nage en véritable eau trouble dans ce milieu qui n’arrive pas à se débarrasser de ses tares juvéniles depuis cinq ans. Chaque chefaillon se prenant pour le nombril de la terre est convaincu qu’il est le salut de cette opposition qui s’effrite de jour en jour et prend les autres pour ses propres opposants oubliant de regarder vers l’arène du vrai combat, celui de jouer sa partition de façon honnête dans l’éducation politique du peuple dans la perspective de s’aménager le chemin vers la conquête démocratique du pouvoir. Se mettre dans de telles dispositions d’esprit ne peut qu’être préjudiciable pour la galaxie dans laquelle on évolue. N’est-ce pas pour cela que l’opposition guinéenne se singularise par son émiettement, sa division et n’arrive pas à se trouver un candidat unique pour les prochaines présidentielles ? Alors faut-il aller vers la sédition pour arriver à ses fins après avoir tout mis en œuvre depuis près de cinq ans pour rendre le pays ingouvernable ?

On a guerroyé ici sur le plan politique avec force arguments et sur tous les tons. Là encore, point de solution exclusive si ce n’est que toutes les options sont viables. En plus des débats on a mobilisé les foules, on s’est organisé, on a fait de la communication à outrance sans pour autant réussir à inverser l’ordre des choses. C’est vrai qu’il reste cette menace ouverte à troubler la paix sociale et à éventuellement mettre les problèmes qui en découleraient sur le dos de la majorité et du Président en particulier. Un véritable chantage qui, à lui seul, suffit pour refuser de céder.

Autant on peut craindre que la stratégie de provocation dans laquelle se lance l’opposition pour arrêter le processus démocratique ne débouche sur des problèmes, autant on doit avoir à l’esprit que cette opposition n’a jamais rien donné pour assurer la paix sociale actuelle. Ni elle, ni ses suppôts, ni les dogmatiques de l’alternance, toutes colorations et tous métiers confondus qui n’ont de cesse depuis quatre ans à se saisir de toutes les occasions pour appeler à la sédition ou au désordre. Ils n’ont rien, absolument rien donné. La paix sociale actuelle est le signe évident de leur échec. Ce qu’ils n’ont pas réussi hier, ils ne le réussiront pas aujourd’hui, encore moins demain puisque l’Etat est prévenu et les forces politiques majoritaires ont su anticiper et n’hésiteront pas à répondre à la hauteur de l’adversité.

A l’analyse, il serait idiot de penser que le pouvoir et l’Etat par son entremise vont laisser vendanger près de cinq années de construction, de sacrifice et de succès pour satisfaire aux caprices d’une minorité qui refuserait de se considérer comme telle. Il faut se le dire, de toute évidence, chacun devra prendre ses responsabilités et les assumer pleinement. Dans tous les cas, ce pays est béni de Dieu et ceux qui rêvent de le brûler devront s’armer sérieusement. Surtout Esope, ce nabot aux petits pieds, le koundouni de la Minière qui rêve de brûler son pays (La Guinée pas la Côte d’Ivoire).

Mamady Koma

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