La Banque centrale de la Guinée a joué un important rôle dans la descente aux enfers de notre économie en acceptant d’émettre les lettres de garantie en faveur des banques de certaines entreprises.

«Ton banquier est ton meilleur ami », dit-on souvent. La BCRG elle, n’a pas joué ce beau rôle à l’égard de l’Etat guinéen dont elle est la banque. « Elle n’a pas donné de bons conseils au gouvernement en acceptant de faire des avances par lettres de garanties à des entreprises », relève un spécialiste des questions de passation de marchés.

En fait l’institution dirigée par Louceny Nabé a préfinancé contre toute procédure en la matière, des marchés par lettre de garantie. Pire, selon notre spécialiste, le plus souvent, la BCRG a émis des lettres dans les cas où c’est l’entreprise qui doit entièrement financer le marché et se faire rembourser par le BND (Budget National de Développement) pendant une période de cinq ans plus un an de moratoire. Or la lettre de garantie émise par la BCRG fixe un échéancier de remboursement sur un an. Et le plus souvent ne correspond pas à l’état d’avancement des travaux sur le terrain.

«Une fois établie, la lettre dévient exécutoire de façon irrévocable et irréversible sans tenir compte du niveau d’avancement des travaux sur le terrain. Voilà le pétrin dans lequel la banque centrale nous a mis», se désole notre spécialiste.

Le problème de ces garanties est si délicat que les 25,6 millions de dollars d’aide budgétaire récemment décaissés par le FMI en faveur de la Guinée risquent de n’être utilisés que pour le paiement d’une des lettres de garantie.

En plus de la création de la monnaie (des coupures de 20 mille GNF) qui, selon des spécialistes, a participé à l’ébranlement de la santé que s’était offerte le franc guinéen, la Banque Centrale de Guinée souffrirait d’un problème criard de gestion administrative : application de décisions importantes renvoyée sans cesse aux calendes grecques.

En un mot ou en mille, l’inertie et l’anachronisme caractérisent notre première institution bancaire qui, à bien des égards, a besoin d’une restructuration.

Aziz Sylla pour guinee7.com

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