Younoussa Camara

Sur la crise au Burkina, que d’idées, que d’interprétations, que de spéculations, mais surtout que de propositions de sortie de crise ! Pour notre part, il s’agit aussi et surtout d’orienter les réflexions sur les réponses aux deux questions qui suivent : le cas burkinabè peut-il être le dernier cas de coup d’Etat ? Le cas burkinabè peut-il être l’occasion de mettre définitivement un terme aux velléités des chefs d’Etat de se maintenir au pouvoir, au mépris de la loi ?

Blaise Compaoré tente de modifier l’article 37 de la constitution pour se maintenir au pouvoir. Est-ce une première, une grande première, dans l’histoire des chefs d’Etat africains ? Sans doute non ! Il s’agit plutôt d’une formule triviale des chefs d’Etat en conflit avec l’histoire,  leur propre histoire.

Qu’est-ce qui garantit que le cas burkinabè est le dernier cas de résistance au changement démocratique, en termes de violation de la constitution ?

Depuis 1963, en Afrique, l’armée a fait irruption dans l’exercice du pouvoir politique et, pour cela, est devenue « incontournable », dans bien de pays, pour la paix des sociétés et la stabilité des Etats. La situation politique en Afrique doit-elle continuer ainsi ? Certainement, non ! Car, il est inadmissible que depuis plus de la moitié d’un siècle, l’Afrique continue à traîner l’instabilité des Etats et l’incertitude du développement.

Pour remédier à cela, l’institutionnalisation du pouvoir d’Etat doit être absolument effective. Ainsi, sans revue des chartes qui symbolisent la suprématie du droit et des lois, « le vers sera toujours dans le fruit » pour compromettre le triomphe de l’Etat de droit et de la démocratie. Devons-nous continuer à penser que  l’Afrique est encore ce continent oùl’Etat est toujours à fonder et la nation toujours à construire ? La réponse est absolument, non !

Alors, le cas Burkinabè, moins qu’une leçon pour gérer les crises, doit être une opportunité à saisir pour éviter les crises : éviter les crises vaut mieux que de les gérer. Ainsi, il y a lieu de faire davantage prévaloir nos constitutions et chartes qui déterminent notre « vouloir-vivre ensemble ». Pour cela, la transition ne doit pas être un passage obligé de l’alternance au pouvoir.

Younoussa Camara, Sociologue politique

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