En convoquant les dirigeants et responsables des sociétés minières le 16 septembre 2021, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a clairement indiqué son option concernant la gestion des ressources naturelles en Guinée. Au-delà des discours, il s’agira de se dépêtrer des nombreux pièges posés par les multinationales dont le but est de garder la haute main sur secteur très stratégique.

Le secrétaire général du ministère guinéen des Mines, M. Saadou Nimaga, ne s’est pas trompé quand il décrit un « secteur clé, véritable levier du développement de la Guinée ».

Autour des mines guinéennes, on retrouve en effet des sociétés en phase de recherches, de production ou en développement, mais également de nombreux prestataires de services, complétés par les acteurs de l’exploitation artisanale des ressources (or et diamants essentiellement).

Ces derniers segments (sous-traitants et exploitants artisanaux) sont pour l’heure les plus porteurs pour les entrepreneurs guinéens qui vivent de l’activité minière.

En effet, après plus de quatre décennies d’activité minière, seules deux sociétés contrôlées par des Guinéens (La Guinéenne des Mines, GDM, et l’Alliance Guinéenne de Bauxite, d’Alumine et Aluminium, AGB2A) exportent de la bauxite à partir du territoire guinéen, après avoir franchi toutes les phases de développement de leur projet minier. Un véritable exploit !

L’interview accordée à WESTAF MINING par l’ancien ministre des Mines, M. Ahmed Kanté, et publiée dans la présente édition, donne des indications intéressantes sur l’évolution du secteur minier qui garantit 85% des exportations du pays (près de 35% du Produit intérieur brut).

Pour l’anecdote, le Fonds monétaire international (FMI) indique dans une de ses notes parues le 30 juin 2021 (https://www.imf.org/fr/News/Articles/2021/06/30/pr21202-guinea-imf-executive-board-concludes-the-2021article-iv-consultation) informe que la croissance économique du pays, estimée à 7,1% en 2020, en dépit de la pandémie de Covid-19, a été essentiellement portée par le secteur minier, avec l’entrée en production de nouvelles sociétés de bauxite.

Avec le changement intervenu à la tête du pays le 5 septembre 2021, il semble que les appétits soient grands pour occuper le poste de ministre des Mines et de la Géologie.

La question est de savoir pourquoi. Car entre les besoins d’un pays qui compte sur son secteur minier pour aménager de grandes infrastructures, indispensables pour placer la Guinée sur la voie de l’émergence, et les ambitions personnelles, il y a un piège que la junte doit absolument déjouer.

L’analyse froide de la situation indique que, sans expérience, il sera difficile de faire mieux que l’équipe d’Abdoulaye Magassouba, écartée par le coup d’état.

Il faudra notamment surveiller de très près la gestion du dossier Simandou Nord (le Simandou Sud étant contrôlé par la major Rio Tinto), principalement l’élan créé par les travaux de construction du Transguinéen et du port en eau profonde dans la localité de Forécariah, à environ 100 km de Conakry.

SMB-Winning, qui porte le projet d’exploitation de Simandou Nord (bloc 1 et 2), est déjà lancé dans la réalisation des infrastructures minières les plus importantes jamais construites dans le pays.

Pour tirer parfaitement son épingle du jeu, la Guinée ferait bien de ne pas s’inscrire dans la guerre larvée que se livrent l’Australie et la Chine, via l’industrie minière, conseille l’ancien ministre Kanté.

Au passage, on note qu’il sera également nécessaire, pour le futur gouvernement, de soutenir résolument les entreprises juniors locales portées par des nationaux qui ont l’ambition de s’imposer dans le secteur de l’exportation de ressources naturelles guinéennes, en commençant bien entendu par la plus connue et la plus abondante : la bauxite.

source: Westaf Mining