« Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S’introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
 »

Le fabuliste Jean de la Fontaine racontait l’histoire d’un coche dont les chevaux qui le tirent sont dans une situation embarrassante. C’est alors qu’intervient une mouche qui s’affaire de façon très désordonnée et qui, une fois que le véhicule est sorti de son mauvais pas, s’en attribue tout le mérite.

Un peu comme ces politiques et activistes d’une pseudo-société civile qui, pour se tailler une place sous le soleil du CNRD, se donnent des rôles totalement démesurés dans la chute d’Alpha Condé. Nombreux parmi eux avaient pourtant pris la poudre d’escampette ! Ces pauvres hères agissant comme des mouches du coche baignent par ailleurs dans une incohérence étourdissante : ils condamnent un « coup de force constitutionnel » dont, à leurs yeux, s’est rendu coupable Alpha Condé, mais applaudissent un « coup de force militaire » ! Quitte à fouler au sol le sacro-saint principe de tout démocrate : condamner avant toute chose un coup d’Etat militaire. Et en prendre acte, par la suite !

Mamadi Doumbouya et ses camarades ne devraient cependant pas occulter le fait qu’au bout de toute cette histoire, ils sont les seuls comptables du putsch -non immaculé, il faut le rappeler-, du 5 septembre dernier. C’est donc leur chose à eux qu’il faut gérer en évitant de ramener les mêmes causes qui leur ont permis de tenter le coup de force et de jouir d’une certaine légitimité après.

En quatre mots, débloquer le pays en s’attaquant aux problèmes socio-économiques. Les politiques, danseurs du ventre et autres agitateurs doivent demander le suffrage de la population pour espérer gérer quoi que soit.