Le président de la confédération africaine de football, le malgache Ahmad Ahmad, a été suspendu lundi de toute activité liée au football par la chambre de jugement de la commission éthique de la FIFA. Les commentaires autour de cette condamnation sonnent plutôt comme une libération, chez les observateurs du football africain.

Présenté en 2017 comme le candidat de la rupture, du changement… Ahmad, ne soyons pas dupes était plutôt le candidat par défaut, -dans un contexte de fin de règne d’Issa Ayatou et de manque de candidat sérieux pour reprendre le flambeau-. Une marionnette fabriquée par la FIFA. Un monsieur sorti de nulle part, qui avait pour lourde mission d’endosser un lourd héritage de près de trente ans de gestion du clan Issa.  

L’évidence était donc établie. L’échec programmé. Rien ne présageait un avenir meilleur pour le football africain. Ni le charisme inexistant du nouveau président de la confédération, ni le poids des engagements qui le liaient à ceux qui l’ont propulsé à la tête d’une aussi charismatique institution. Avant Ahmad, la CAF était respectée de partout. Sa voix comptait dans le milieu du football mondial. Son président inspirait le respect et face à l’Europe (dans la gestion des calendriers de ses compétitions notamment), et face à la FIFA. La gestion ne frôlait pas la catastrophe, quoi que l’on puisse reprocher.

Depuis plus de deux ans, c’est un inopportun passage de 16 à 24 équipes participantes à la CAN. Un changement de la période d’organisation pour faire plaisir au calendrier international ; du traditionnel janvier-février, on s’est retrouvé au mois de juin-juillet en 2019 avant que Ahmad et son clan ne se rendent compte plus tard de météorologie de l’Afrique au sud du Sahara. Jamais la compétition phare de la CAF, et l’institution elle-même par ricochet n’ont été autant désacralisées.

Si on y ajoute, la gestion opaque, la gouvernance administrative et financière catastrophiques, des fautes gravissimes explicitement détaillées dans le document publié par la chambre de jugement de la FIFA, on se rend compte que notre football a frôlé la catastrophe. HEUREUSEMENT !

« L’enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF,

1-L’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque (Oumra),

2-Les accointances d’Ahmad avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités.

3-La Commission d’Éthique a aussi établi, sur la base des informations recueillies par la chambre d’instruction, que M. Ahmad avait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d’autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF. »

En outre, la suspension de l’ancien ministre malgache, met en garde les candidats en lice pour la présidence de la CAF, d’une éventuelle gestion douteuse de l’institution dans laquelle se reconnaissaient les Africains.

Alpha