Après trois jours de manifestations des militants de l’UFDG et accrochages entre eux et forces de l’ordre ; et pour que la paix et le calme reviennent, les acteurs politiques, l’ensemble des forces vives de la région, les députés ainsi les religieux se sont réunis autour du gouverneur Sadou Keita, ce mercredi.

A la réunion, le gouverneur a souhaité que ‘‘chacun propose une piste de solution pour qu’on retrouve le calme le plus vite, personne ne peut dire ici, qu’il dort tranquillement avec cette situation, ce qui arrange tout le monde c’est le retour au calme’’.

Par la suite, plusieurs recommandations ont été faites de part et d’autres qui sont entre autres : la libération des personnes arrêtées, la restitution des biens saisis, le retrait des forces de l’ordre des quartiers, l’arrêt des manifestations, etc.

Le gouverneur a promis de convoquer une réunion de sécurité « pour examiner le plus vite que possible les recommandations ».

En attendant, le coordinateur régional du RPG, Titi Keïta, a précisé que « tous les Labékas sont de la même famille donc le message de paix doit venir de part et d’autres, et que chacun puisse comprendre  qu’il a un lien chez l’autre ». Il a rappelé que sa « femme est la jeune sœur directe de l’honorable député Cellou Baldé, donc aucune discordance n’est possible entre eux, il ne faut pas que la politique nous divise ».

Baba Kouyaté, un autre cadre du parti dit : « si on revoit l’histoire, chacun de nous a milité dans plusieurs partis avant de se retrouver dans le RPG ou l’UFDG. Beaucoup de nous ont partagé les mêmes convictions politiques à l’époque, la politique il faut  réfléchir, quand tu attaques une personne pour des raisons politiques, demain elle gardera une haine contre toi, demain même si tu as besoin d’elle, elle ne te soutient pas. Moi mon premier garçon, Saliou kouyaté, est de l’UFDG  il a la carte du parti, ceux de l’UFDG le savent, mes sœurs, Mame Kouyaté, Hawa Kouyaté sont de l’UFDG, c’est connu de tout le monde. Mais on vit sous le même toit sans problème.»

Coté UFDG, l’honorable Cellou Baldé donne son opinion : «Si vous remarquez depuis hier mon message de paix passe en boucle sur les ondes locales, je tiens à la paix, je suis député de Labé. Et non d’un parti. Je suis régi par les principes démocratiques, donc mon souhait est qu’on respecte la conviction de chacun, mais ceux qui agissent au nom de la collectivité créent des frustrations, pour la paix durable il faut prendre tout le monde au même pied d’égalité, nous œuvrons pour la paix. Hier des jeunes de Bowloko ont pris mon grand frère qui est malade et infirme qui ne parle même pas. Ils l’ont bastonné et l’ont noyé dans une rivière. J’ai appelé le préfet qui a envoyé les gendarmes le récupérer. Il a été admis à la Croix rouge, après on le met en prison. Parce qu’ils ont eu des informations que c’est un frère à moi, si j’apprends tout de suite qu’il est décédé ça n’étonnera pas. Parce qu’il a une santé fragile. Mais malgré tout, je suis tranquille on ne fait pas de bruit pour ça. On l’accuse d’indexer des biens appartenant au RPG, je me demande comment quelqu’un qui ne peut pas marcher, ni parler peut faire des genres de choses.»

Aliou Sampring  de la Fédération de l’UFDG pense que « l’essentiel est dit. Ce qu’il faut, nous souhaitons qu’on libère les interpellés, restituer les motos saisies et les autres objets. Faire l’inventaire des motos brulées de part et d’autres, rappeler les forces de l’ordre, ensuite prendre la situation en main pour une paix durable.  Je pense que les exactions contre la marche pacifique sont à la base de tout ça. Imaginez qu’ils ont procédé à des arrestations ciblées toute la nuit à l’heure où on parle, un membre actif du parti, Bachir Koula  est arrêté depuis la nuit dernière. Avec beaucoup d’autres militants à domicile, on n’a pas réagi tout ça au nom de la paix».

Au moment où nous quittions les lieux, les parties s’étaient accordées à publier une déclaration commune pour appeler au calme.

Il faut noter que soir, le calme est revenu dans la cité mais les rues restent désertes, le grand marché fermé.

Alpha Ousmane Bah

 

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