Les résultats des audits publiés la semaine dernière, font vagues dans la capitale guinéenne. Il convient de signaler que depuis la publication desdits résultats, l’opinion publique guinéenne surtout celle de Conakry, assiste aux yeux impuissants, à une campagne de communication tout azimut. Est-ce un stratagème pour asservir l’esprit du peuple pour des fins politiques ou un acte administratif normal ?

En tout état de cause, selon des orthodoxes de la nomenclature administrative, l’audit de la gestion des passifs  que d’autres qualifient d’un acte de redevabilité dans un régime démocratique, est de toute évidence, bel et bien conforme à la normalité.

En revanche, d’autres yeux plus scrutateurs entrevoient plutôt, un acte politique ou la main d’un sorcier pour dit-on, empêcher des potentiels  adversaires politiques, à s’engager dans les prochaines joutes électorales. Toutefois, avec une bonne dose de fibre d’éthique, il sied de prendre un recul et de jeter un regard lucide sur ce dossier, et il devient aisé de lire entre les lignes et de décrypter ainsi les arguments des uns et des autres.

Faut-il dans cette optique et d’entrée de jeu,  noter que les résultats des audits qui viennent d’être publiés, n’ont pas  été commandités ni réalisés par le gouvernement de la troisième République sous le magistère du Pr Alpha Condé, Président de la République.

Il s’agit là, d’un acte qui a été posé par le gouvernement de la transition sous le Conseil National pour la Démocratie et de le Développement (CNDD), la junte dirigée par le Capitaine Moussa Dadis Camara.

Il  est indéniable de rappeler  d’ailleurs, que les décisions ayant instruit l’engagement de ces audits avaient été largement médiatisés avec des audiences nocturnes de ce bouillant Capitaine et  dont l’émission de retransmission avait porté le titre de « Dadis Show ».

Cela étant clairement et notoirement rappelé à la mémoire collective, il faut avouer que peu avant les élections présidentielles de 2010 n’aient lieu, plus d’un citoyen guinéen s’était indigné du fait, les résultats de ces audits n’ont pas été publiés avant le scrutin présidentiel pour disaient certains, retirer des faux jetons de la course au Palais Sékhoutouréah. 

Aujourd’hui, il faut reconnaître et à juste raison, qu’une bonne frange de la population qui réclamaient la publication desdits résultats, vient d’être rétablie dans ses droits par le gouvernement et comment ?

En effet depuis la nuit des temps, au regard de se conditions de vie et comparativement à celle de ses dirigeants, la population guinéenne s’indignait de la gestion de ses affaires publiques. Car à tout moment, les médias à tout bout du champ, ne révélaient que des scandales financiers à l’actif des gouvernants de différents successifs de la deuxième République.

Lansana Conté n’est-il qu’une pauvre victime de ces gestions calamiteuses 

En venant au pouvoir le 3 avril 1984, le feu Lansana Conté a de bonne foi, déclaré : « Nous sommes venus au pouvoir pauvres. Si vous voyez demain quelqu’un riche, c’est que l’intéressé a volé.» 

Egalement, lorsque, le Capitaine Dadis a convoqué l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré au Camp Alpha Yaya au sujet de présumés détournements de biens publics, celui-ci a affirmé : « Quand on envoyait un projet devant le Président Conté, il vous demandait au moins trois fois de savoir, si c’est bon pour le pays.»

Cet aveu ou cette confession à la Jean Jacques Rousseau, pourrait pour tout bon juge, servir de mobile pour accorder la clémence à un tel Président pour bonne fois ou bénéfice de doute. Cependant, que pourrait-il en résulter pour les hauts cadres de l’Etat bardés de diplômes qui venaient défendre des contrats léonins devant le feu Lansana Conté ? 

Selon un initié, l’on pourra sans risque de se rendre coupable de crime d’infamie, accusé cette horde d’élite, d’être coupables de crime économique que l’on peut réprimer à la dimension de la forfaiture.

A la lumière de ces faits, aussi bien dans les audits relatifs au patrimoine bâti public que dans ceux portant sur la cession des industries guinéennes, il serait abominable de politiser cette procédure administrative qui  d’ailleurs dans sa phase contradictoire. Une fois encore, il importe de préciser que ces audits ne sont guère un tract de personne mais il s’agit plutôt d’interroger une gestion.

Alpha Kabinet Sidimé