Le procès contre le propagandiste du principal parti de l’opposition (UFDG), Ibrahima Sory Camara, s’est poursuivi sous une haute surveillance policière au tribunal de première instance de Kaloum, ce mardi 3 avril 2018. Dans la salle, les débats ont été houleux entre les parties prenantes au procès, surtout autour de la vidéo qui a été présentée en guise de preuve contre Ibrahima Sory Camara.

Selon le ministère public et les avocats de la partie civile, cette vidéo –dans laquelle des propos malveillants sont tenus à l’endroit du président de la République-, a été publiée sur la page Facebook de l’accusé. Cet avis n’est pas partagé par le pool des avocats de la défense.

En effet, Me. Salif Beavogui, avocat de la défense déclare : “Il faut reconnaître que nous avons eu toutes les difficultés pour faire valoir les droits de la défense qui sont sacrés devant le tribunal, mais en professionnel nous avons tenu. Nous sommes allés jusqu’au bout, nous avons mis le procureur dos au mur, nous avons soulevé tous ses arguments et nous avons démontré qu’il s’était trompé de cible. Il a poursuivi un innocent à la place des coupables qui sont connus de tous.”

Et de poursuivre : “Pour nous, si le tribunal applique le droit, nous pensons que nôtre client sera relaxé purement et simplement, parce qu’il n’a ni diffamé, ni offensé la personne du chef de l’État, au contraire il a été un lanceur d’alerte. Il a alerté à la suite des multiples publications, il a alerté l’opinion nationale et internationale pour que des dispositions soient prises afin que Madina ne soit pas en feu. Malheureusement le procureur qui poursuit n’a pas pris les dispositions et ce qui est arrivé, finalement c’est arrivé.”

De son côté, Me Lancey 3 Doumbouya, avocat de la partie civile, estime que les débats ont continué dans la sérénité même s’il y avait des tendances à dénaturer les débats. “Nous avons apporté au tribunal tous les éléments de preuve pour assoir qu’effectivement les allégations qui ont été portées à l’endroit du chef de L’État, ont été tenues pour le diffamer, l’injurier et pour l’outrager. C’est pourquoi nous sommes toujours restés sereins, nous avons confiance en la justice et que le droit triomphe”, a-t-il fait entendre.

Il précise que “nous avons sollicité le franc symbolique et nous avons demandé à ce que la décision à intervenir soit publiée dans les journaux d’annonces légales afin que tous les citoyens sachent que désormais les réseaux sociaux ne doivent pas servir à tenir des propos auxquels nous assistons”.

Par ailleurs le ministère public a pour sa part proposé que le tribunal condamne Ibrahima Sory Camara à 2 ans d’emprisonnement, afin que ce dernier se remette en cause et que cela serve de leçon.

Le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré pour le 9 avril prochain.

Mohamed Kaba Soumah pour Guinee7.com

Publicités