Pancartes et banderoles en main, les marins pêcheurs guinéens, ont dénoncé ce mercredi dans l’arrière cour du ministre des transports (commune de Kaloum-Conakry), des conditions de travail exécrables, qu’ils vivent sur les bateaux de pêche.

Après une rencontre avec la ministre de la pêche, de l’aquaculture et de l’économie maritime, Charlotte Daffé, ces marins pêcheurs comptent bien manifester dans les prochains jours, si rien n’est fait.

Au nom de la corporation, Ibrahima Dramé, marin pêcheur de Guinée a expliqué les raisons de ce soulèvement. « Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour revendiquer l’amélioration de nos conditions de vie dans nos différents navires de pêche. Ces conditions de vie, c’est l’amélioration de nos salaires, les contrats pour les marins pêcheurs de Guinée, notre prise en charge sanitaire, le respect et la dignité du travail, le respect entre partenaires de travail et les primes de travail et la responsabilisation des Guinéens dans les navires. »

Il a aussi expliqué quelques réalités sur les bateaux de pêche. « C’est la catastrophe dans les bateaux de pêche, nous travaillons H24. Je peux vous dire que dans les 24 h de travail nous n’avons que quatre (4) heures au maximum pour le repos. Dans certains bateaux, ils n’ont qu’un seul repas par jour, soit un litre d’eau par jour. Ça c’est pitoyable. Il y’a le problème des primes de travail aussi; nous travaillons dure, il y’a les travailleurs qui rentrent et ils ne peuvent même pas avoir leur prime au moment voulu. Après la fin du contrat, tu peux faire 1 à 2 mois entrain de courir derrière la société pour la paye, le salaire est minime, nous travaillons en raison de 70.000 fg par jour. Dans la sous région, un marin est payé à pas moins de 700 ou 800$, en Guinée c’est entre 215 ou 210$. Vous voyez la différence? 400, 600$ de différence. Donc nous travaillons on dirait que nous ne sommes pas Guinéens. Tout ce que nous sommes entrain de réclamer, si nous sommes Guinéens, que le gouvernement s’implique pour notre problème sinon nous sommes foutus à jamais. Sur les bateaux qui sont là , tu peux trouver 35 % de Guinéens. C’est une chose qui n’est pas normale. Sur un bateau de 25 marins, seulement 7 Guinéens, le reste est étranger. Nous n’avons pas dit que nous ne voulons pas travailler avec les étrangers, mais que nous soyons des prioritaires avant eux, la Guinée d’abord avant eux. »

Avant de s’en remettre à l’autorité de la ministre de la pêche. « Nous la remercions pour les démarches qu’elle est entrain de mener. On vient de quitter chez elle et elle est entrain de faire de son mieux. Tout ce que nous lui demandons puisqu’elle a décidé, de ne pas libérer la licence pour les navires de pêche tant que les conditions de vie des marins ne sont pas traités. Aujourd’hui, les armateurs ne s’occupent pas des marins , tout ce qui les occupe c’est la préparation de leur licence pour la pêche et c’est là-bas. Si nous ne pêchons pas comment est-ce qu’ils feront? Que madame la ministre sache que nous les marins pêcheurs, nous souffrons. »

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com