L’opposition guinéenne -(Cellou Dalein Diallo (UFDG), Aboubacar Sylla (UFC), Mouctar Diallo (NFD), Jean Marc Telliano (RDIG) et Papa Koly Kourouma (GRUP)-, s’est réunie ce 27 décembre pour faire ‘‘l’état des lieux de la mise en œuvre de l’accord du 12 octobre 2016’’. Comme à l’accoutumée, elle reprend ses plaintes et complaintes mais n’envisage pas d’ ‘‘actions fortes’’ pour faire plier le gouvernement. Extraits du discours de son porte-parole, Aboubacar Sylla.

Le premier retard

‘‘Le comité de suivi a commencé de se réunir deux mois après la signature de l’accord. La première tâche qui a été dévolue au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation dans le cadre de l’application de cet accord, c’était la transmission du projet du code électoral à l’Assemblée nationale.  Cette transmission a pris un grand retard. Au niveau du premier chronogramme de l’Assemblée nationale pour la session budgétaire, nous avons inscrit l’examen du code électoral pour le mois de novembre. Mais nous n’avons reçu le document qu’à la mi-décembre. Ce qui fait donc, malheureusement, qu’on a dû modifier le chronogramme de l’Assemblée nationale pour la session budgétaire, pour inscrire  l’examen de ce document du code électoral que pour la fin du mois de décembre. C’est le premier retard’’;

RPG Arc-en-ciel, on a senti des velléités pour remettre en cause ces dispositions du code électoral

‘‘L’Assemblée a reçu une version totalement erronée du Code électoral par rapport au consensus qui s’était dégagé lors du dialogue. Il a fallu que  l’opposition républicaine réplique vigoureusement pour que ce projet de code électoral soit retiré et remplacé par un autre conforme aux dispositions de l’accord. Il se trouve qu’au niveau de l’Assemblée nationale, des velléités se sont révélées pour contrecarrer les dispositions prévues dans ce code électoral qui est lui-même conforme aux dispositions de l’accord du 12 octobre dernier. Ces derniers jours, au niveau du groupe parlementaire RPG Arc-en-ciel, on a senti des velléités pour remettre en cause ces dispositions du code électoral relatif à l’élection ou à la désignation des chefs de quartier et de district’’;

pourvu qu’il y ait une vraie volonté politique

‘‘Il a fallu ces derniers jours-ci une vigoureuse intervention des députés de l’Assemblée nationale et de  toute l’opposition républicaine pour que, semble-t-il, les choses commencent à rentrer dans l’ordre. Il semble qu’au niveau de l’Assemblée, un consensus est en train d’être dégagé pour que ce texte soit voté avec la majorité requise, c’est-à-dire la majorité des 2/3. Nous sommes certains qu’avec 90 députés qui sont issus du RPG Arc-en-ciel et du groupe des Libéraux-Démocrates, on n’a aucun problème à obtenir les 76 députés, pourvu qu’il y ait une vraie volonté politique pour appliquer effectivement les dispositions de cet accord’’;

Ce sera fin janvier ou début février que ce code électoral va être effectivement promulgué

‘‘Nous sommes donc dans une situation où les multiples retards ou des atermoiements que j’évoquais tantôt  pour la mise en œuvre de cet accord entraînent nécessairement une révision du calendrier électoral, parce qu’il va être difficile maintenant de tenir le scrutin local au mois de février prochain. Nous le déplorons. Il s’agit d’une première violation des dispositions de cet accord, puisque l’accord était clair que les élections se tiennent au mois de février sans préciser la date exacte. Il se trouve que ces retards se sont répercutés sur l’adoption du code électoral  qui n’est  pas faite. Ce qui sera fait probablement au plus tard le 3 janvier prochain… Mais il faut dix(10) jours  au Président de la République pour la promulgation du Code électoral, une fois approuvé par l’Assemblée. Il a besoin de le transmettre à la Cour constitutionnelle, puisqu’il s’agit d’une loi organique pour vérifier sa constitutionnalité avant qu’il ne la promulgue. Et la Cour constitutionnelle dispose d’un mois, à moins qu’on lui demande expressément de raccourcir ce délai. Ce qu’elle peut faire dans un délai de huit(8) jours. Ce sera fin janvier ou début du mois de février que ce code électoral va être effectivement promulgué  afin qu’il soit applicable’’ ;

La CENI a beaucoup de réticence pour l’application des propositions  de cet accord

‘‘La CENI a beaucoup de réticence pour l’application des propositions  de cet accord. Elle a refusé catégoriquement  l’appel qu’on a lancé au niveau du comité de suivi afin qu’elle vienne participer à nos travaux relatifs au fichier électoral et à l’organisation des élections communales.  Elle a adressé au ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation une requête indiquant qu’elle ne peut pas venir aux travaux du comité de suivi au nom de la séparation des pouvoirs. On est dans une situation de blocage par rapport à la CENI. Or c’est elle qui va lancer l’appel d’offres et qui va organiser le type du fichier électoral’’ ;

Si nous avons accepté d’aller à ce dialogue

‘‘Parce que si nous avons accepté d’aller à ce dialogue,  c’est parce que le chef de l’Etat s’est engagé à appliquer et à faire appliquer à toutes les institutions concernées les conclusions de cet accord. Nous interpellons pour que les choses se déroulent normalement sur  cet accord qui cristallise de l’espoir chez tous les Guinéens’’.

Abdou Lorry Sylla pour guinee7.com

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