L’opposition  projette une nouvelle manifestation pour le lundi 30 avril, dans la capitale et dans les provinces intérieures. Ceci entre dans sa logique de poursuivre ses actions de désobéissance civile, de façon ininterrompue,  jusqu’à la satisfaction de ses revendications. Dans sa quête d’élections transparentes et justes,  elle continue de payer un lourd tribut avec à son compteur 62 tués, depuis l’avènement de la troisième république.

L’opposition ne semble pas prête à mettre un terme à ses manifestations de rue, pour protester contre « la gestion actuelle du processus électoral et la malgouvernance pratiquée en Guinée ». Elle avait ainsi projeté une manifestation  pour ce jeudi, avant de la reporter. Sur les motifs de ce report, l’opposition a publié une déclaration dans laquelle, on peut lire que c’est « sur insistance de ses différentes structures de l’intérieur du pays, qu’elle a décidé d’étendre cette marche à toute l’étendue du territoire national et d’associer ainsi toutes les populations guinéennes à cette grandiose manifestation. »

Ainsi pour permettre à toutes les fédérations des partis politiques composant l’opposition républicaine « de participer pleinement à son organisation, il a été décidé de reporter cette marche au Lundi 04 mai 2015 afin de lui conférer ainsi les meilleures chances de réussite et de succès. »

Samedi dernier, les opposants avaient dressé un bilan des deux manifestations  qu’ils avaient organisées le lundi 20 et le jeudi 23 avril 2015.  Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition  avait au sortir de ce conclave déclaré à la presse : « Nous avons fait le constat de la réussite totale de ces manifestations. Partout où les Guinéens n’ont pas pu jouir de leur droit constitutionnel de cortège, de marche, il y a eu une journée de ville morte », a-t-il indiqué.

Avant de déplorer les cas de morts et de blessés enregistrés lors de ces manifestations. « Nous avons hélas enregistré encore un mort, plusieurs blessés par balles et des interpellations, au moins une centaine d’interpellation. Il y a eu plus de 50 blessés dont dix huit 18 sont dans un état grave. Parmi ces 18, il y a déjà 9 qui ont ou qui doivent subir des interventions chirurgicales. Plus d’une vingtaine ont été blessés par balles. Nous sommes donc dans une situation catastrophique où les forces de l’ordre, en dépit des dénégations du gouvernement, usent des armes de guerre pour mener des opérations de maintien d’ordre », a regretté le président de l’Union des forces du changement (UFC).

Du côté de l’UFDG, un autre bilan est dressé suite à ces dernières manifestations, faisant état de 87 blessés 65 par balles.   Le parti signale également le viol d’une femme survenue le 14 avril dernier.

Depuis l’avènement de la troisième république, 62 manifestants ont trouvé la mort dans des circonstances non élucidées. La plupart ayant succombé à des balles reçues, selon l’opposition. Mais vu que le bras de fer avec le pouvoir se poursuit, on peut dire sans risque de se tromper, qu’elle  n’en a pas fini avec son décompte macabre, car les forces de sécurité ont la gâchette facile. Cela, on ne le dira jamais assez.

Mamady Kéita (L’Indépendant)