Convoqué pour «trouble à l’État», l’ex député de l’UFDG, Ben Youssouf Keita, a été auditionné ce jeudi par la direction centrale de la police judiciaire à Kaloum (Conakry). Au sortir de plusieurs heures d’audition, son avocat, Me Mohamed Traoré qui a fait savoir que l’audition s’est déroulée dans des conditions régulières, a aussi indiqué que  son client s’est prêté à toutes les questions posées dans le cadre de l’enquête qui a été lancée. 

Avant de préciser que les «questions ont essentiellement tournée autour de l’organisation de la manifestation du 20 juillet 2020. Quelle a été sa participation dans l’organisation, dans les préparatifs de cette manifestation.»

« Apparemment, les infractions ou l’infraction qui lui est reprochée semble se reposer essentiellement sur son appartenance à un parti politique qui est membre du FNDC. Sinon, sur le plan des actes et manœuvres qui sont visés par l’article 561 du code pénal, il n y’a eu aucun élément tangible pour pouvoir mettre en cause la responsabilité de monsieur Keita, dans quelques infractions que ce soit» a-t-il détaillé plus loin. 

Pour la suite de la procédure, l’avocat informe que : « l’audition est terminée. On nous a demandé de rentrer et en cas de besoin, on nous fera appelle.»

Cependant, en ce qui concerne l’infraction reprochée à son client, Me Traoré a placé des réserves. « Il est vrai que j’ai été l’un des premiers à critiquer cette formulation. Parce que dans le code pénal guinéen, il n’existe pas une infraction appelée simplement trouble à l’État. Il y a bien sûr un chapitre appelé trouble à l’État par dévastation, par destruction et par -disons- pillage. Donc en formulant l’infraction comme elle l’a fait, je pense que La DPJ n’a pas suffisamment respecté les dispositions du code pénal. Mais comme il a été indiqué dans la convocation qu’il s’agissait d’une enquête basée sur l’article 561 du code pénal, nous savons qu’il s’agit du délit de manœuvre, acte de nature à compromettre la sécurité publique et à porter une atteinte grave à l’ordre public» a-t-il dit enfin.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com