Comment peut-on marcher contre l’insécurité quand on peut soi-même s’auto-attaquer ?

L’opposition dite républicaine guinéenne projette marcher contre l’insécurité le lundi 13-04-2015. Un problème posé s’analyse et se voit sous deux angles : Forme et fond.

Forme : Est-ce normal de politiser l’insécurité ?

Fond : Un homme qui aurait monté une scène d’auto-attaque contre sa propre personne devrait–il protester contre l’insécurité ?

Comme la politique consiste aussi à dire une chose et faire son contraire, sinon quand le peuple se rend compte d’un scénario d’attaque monté de toute pièce tentant à paniquer ou à aggraver la situation de l’insécurité au sein de la paisible population pour des fins politiques, le bon sens voudrait qu’on présente ses excuses à ce peuple et qu’on démissionne dès le lendemain. A défaut de démissionner, mettre une pause à sa carrière politique.

Politiser l’insécurité c’est piéger l’insécurité.  Et quand l’insécurité est piégée c’est la vie du citoyen lambda qui  payera le prix. Le principe du vol d’oiseaux de mêmes espèces et  le principe de rangement des hommes selon les intérêts  communs, me poussent à déduire que cette auto-attaque ne serait pas un fait isolé. Elle serait fort probablement le second plan, après la « ville morte » du schéma D.S.K établi dans un bar en France pour déstabiliser le régime Condé. Ce second plan qui devait être la boussole d’orientation des restes des manifestations, mais qui très malheureusement a été décrypté par certains esprits avertis, devrait servir de leçon et pousser l’opposition républicaine à se mirer et à se poser la principale question suivante : Est-ce normale de terroriser un peuple à travers un montage de scène de crime imaginaire ?

Au-delà de la politique politicienne, du jonglage politicard, moi, je qualifie cet acte d’une haute trahison à l’endroit du peuple. A défaut de rassurer le peuple, de le protéger, de compatir à son souci pour l’insécurité et pour le combat contre l’insécurité, on ne doit pas le terroriser. A supposer que certains avertis n’avaient pas décrypté ces incohérences entre le dit et les faits de  l’attaque dont l’honorable Sylla se dit victime, pour démystifier le code, aujourd’hui la paisible population de Guinée et celle de Taouyah en particulier allaient vivre dans une terreur extraordinaire et sans précédente.

A la lecture de tout ce qui se dessine à l’horizon et à la lumière de la vraie appellation des choses que le peuple dispose désormais, je crois qu’il lui serait très difficile de comprendre qu’après qu’il soit terrorisé par une scène de crime relevant d’une pure et simple imagination, qu’on puisse lui demander à nouveau de marcher contre ce même montage et pour la même chose. Dans ce cas, il y a piège. Les mêmes causes risqueront de produire les mêmes effets. Ceci me fait  penser à la leçon d’un vieux adage soussou qui dit: «  Comment trouveras tu une aiguille que ton ami décide de cacher volontairement sous son pied ? »

Je finis en disant ceci : La politisation de la criminalité est plus dangereuse que la criminalité elle-même.

Pr. Guillaume Hawing, Conférencier d’Honneur