Sis à une dizaine de kilomètres de Sangarédi, dans la préfecture de Boké, le village de Hamdallaye sera bientôt relocalisé sur un nouveau site plus proche du centre-ville, par la Compagnie des Bauxite de Guinée (CBG). À cet effet, une visite guidée a été organisée, lundi 3 février 2020, par la direction générale de la CBG en parfaite collaboration avec les communautés concernées, sur l’ancien village et le nouveau site de Hamdallaye, à l’intention des autorités régionales et préfectorales de Boké, et locales de Sangarédi.

Vivant auparavant sur une superficie de 19 hectares, les 657 habitants du village de Hamdallaye occuperont désormais un espace de 40 hectares

Vivant auparavant sur une superficie de 19 hectares, les 657 habitants du village de Hamdallaye occuperont désormais un espace de 40 hectares, avec des infrastructures d’habitations plus modernes. En plus de ces infrastructures, ils bénéficieront également d’un poste de santé, d’une école de 6 salles de classe, d’une mosquée de 300 places équipée de panneaux solaires, d’un marché, d’un centre polyvalent communautaire, ainsi que de 6 forages d’eau potable.

Souleymane Traoré, directeur général de la CBG, a précisé que cette relocalisation s’inscrit dans le cadre du PARC (Plan d’Action de Réinstallation et Compensation) qui, selon lui, « est un processus participatif, rigoureux et minutieux qui nous permet de relocaliser un village en nous rassurant qu’on prenne en compte tous les paramètres pour qu’au bout du compte, les conditions de vie des populations concernées soient améliorées ».

Pour ce qui concerne le cas spécifique du village Hamdallaye, le premier responsable de la CBG a fait savoir : « dans l’extension de nos opérations minières, nous devions construire certaines infrastructures, notamment une cour de triage ferroviaire, une aire de stockage du minerai et des routes minières. La construction de ces infrastructures-là pouvait avoir un impact sur le village de Hamdallaye, donc la décision a été prise de relocaliser le village. On a déroulé tout un processus en ligne avec les standards auxquels nous souscrivons depuis maintenant 4 ans en matière de social et d’environnement… on a fait un inventaire de tous les biens matériels et immatériels, on a recensé le nombre de population, c’est en fonction de ça qu’on a développé ce plan de relocalisation et de compensation. »

Nous allons accompagner ces communautés-là encore pendant 5 ans

Plus loin, Souleymane Traoré est revenu sur le degré d’implication des communautés de Hamdallaye dans ce Plan d’Action de Réinstallation et Compensation. « Nous avons consulté les populations, leur proposer le plan de déménagement, qu’ils ont accepté. Donc on a signé tous les accords qui récapitulent les droits et devoirs des personnes qui vont être amenés à déménager, les accords de compensation. Et surtout ils ont choisi chacun la localisation des maisons qui vont remplacer l’ancien village », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter : « le processus ne se limite pas au déménagement. Nous allons accompagner ces communautés-là encore pendant 5 ans. Déjà lors du déménagement on va leur donner les allocations de déménagement, d’aménagement, de transition, pour leur permettre d’assumer la transition en quittant le terroir ancestral et venir sur un nouveau site… et nos équipes sont au quotidien en contact de ces communautés pour récolter leurs doléances ou leurs plaintes. Donc on a toute une procédure qui permet de collecter tout ce qui pose problème aux communautés, nous les analysons et nous apportons une réponse ».

un indicateur de la lutte contre la pauvreté

Samba Faterna Barry, chef de cabinet de la région administrative de Boké s’est dit satisfait par le fait que la société CBG a respecté le contenu local vis-à-vis des populations du village de Hamdallaye. « Ce que vous voyez, dit-il, c’est l’effort consenti dans la compréhension mutuelle entre la CBG et les citoyens impactés, ressortant ainsi une cohabitation parfaite. Il faut reconnaitre que ceci est un indicateur de la lutte contre la pauvreté, pour le bien-être de nos populations à la base, pour nos communautés ».

Après avoir souligné le respect de tous les engagements par la CBG dans ce processus, Samba Faterna Barry a salué la compétence des jeunes entrepreneurs guinéens qui ont réalisé les infrastructures sur ce nouveau site du village de Hamdallaye.

nous n’avons pas été forcés, c’est nous-mêmes qui avons fait le choix sur ce site

En tant que bénéficiaire, Mamadou Bah qui, dans un futur proche, habitera avec sa famille dans une maison de trois chambres, salon et sur un espace plus aéré que celui de son village ancestral, a déclaré en langue Poular : « nous n’avons pas été forcés, c’est nous-mêmes qui avons fait le choix sur ce site. Il m’a été demandé où est-ce que je veux que ma maison soit construite ? J’ai indiqué et la maison a été construite exactement là où j’ai indiqué. J’ai participé activement, j’ai surveillé maintes fois l’évolution de la construction. »

« Nous avons sollicité, poursuit-il, que la CBG nous assiste au niveau des plantes et l’apport du sol beaucoup plus fertile. Ça aussi, ils ont dit qu’ils vont le faire. Donc essentiellement nous sommes très contents et nous remercions la CBG… »

À préciser que sur la durée de la construction de ce nouveau village, selon la CBG, plus de 500 emplois ont été créés, dont la quasi-totalité sont du village de Hamdallaye. Plus de 2800 et quelques arbres plantés sur le site avec un taux de réussite de 87% et la fin du déménagement physique est prévue en fin du mois de mars prochain.

Mohamed Soumah pour Guinee7.com     

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