Selon certaines sources de WESTAF MINING, les négociations tripartites se poursuivent entre Winning Consortium Simandou (WCS), Rio Tinto et l’Etat guinéen, au sujet de la matérialisation de la co-entreprise censée piloter les travaux d’infrastructures pour l’évacuation du minerai de fer du Simandou. Des délais auraient même été avancés…

Une source proche du dossier a indiqué que les partenaires cherchent à s’entendre sur les modalités de fonctionnement de la co-entreprise, imposée par la junte militaire guinéenne au projet Simandou, alors que des conventions de BOT (Build Operate and Transfer), ratifiées par l’assemblée nationale, existaient bien pour WCS et Rio Tinto.

WCS a d’ailleurs, sur la base de sa convention BOT, entamé des travaux importants pour aménager le chemin de fer (Transguinéen), creusé des tunnels dans la montagne et entamé le début de construction du Port en eaux profondes à Moribayah (Forecariah, à environ 100 km de la capitale Conakry).

Une source bien informée affirme que, depuis le début de leur réalisation en fin 2019, les travaux faits par WCS ont absorbé entre 1 à 2 milliards de dollars USD, sur fonds propres financés par la partie chinoise, qui contrôle les blocs 1 et 2 du gisement de fer.

Rio Tinto, l’autre compagnie qui détient les blocs 3 et 4, présente dans la zone depuis 25 ans, n’a pas encore effectué de travaux d’infrastructures…

Toujours, selon nos sources, des dates auraient été avancées comme « deadlines » pour boucler le pacte d’actionnaires et signer l’accord global concernant la co-entreprise. Les négociations se déroulent à Conakry et à l’extérieur de la Guinée.

« Ce n’est pas du tout évident de faire tout ce travail, qui requiert que tous les détails soient vérifiés, en se fixant des dates contraignantes. Il faut du temps. Dans les conditions qui ont favorisé la création de ce mariage à trois, rien ne peut se faire dans la précipitation », explique un expert du secteur minier.

Plusieurs hauts responsables guinéens imprégnés du dossier, interrogés par WESTAF MINING, se sont montrés très sceptiques quant à l’opérationnalité réelle de la co-entreprise à court terme.

« WCS a été retardée dans son travail fondé sur ses conventions, sans explications sérieuses. C’est normal qu’elle exige des garanties », affirme un juriste, spécialiste du droit minier.

« La junte veut accélérer les négociations mais les choses ne peuvent pas se passer comme ça. WCS et Rio Tinto sont obligées d’emprunter de l’argent pour l’injecter dans ce projet. Ces deux compagnies ne sont non seulement pas maîtresses de leur calendrier mais la méthode utilisée par les autorités militaires complique encore plus leurs rapports avec leurs partenaires financiers », souligne ce juriste.

Le Simandou est la plus grande réserve de fer et la plus riche jamais exploitée dans le monde – environ 67% de teneur en fer ce qui permet de faire du « green steal » ou acier vert -, mais son développement est rendu difficile par la longue distance séparant la zone de la mine et la côte guinéenne (plus de 670 km).

Les solutions de passage éventuel d’une partie de la production par le Liberia, plus proche du gisement, ont été exclues par tous les régimes qui se sont succédé en Guinée depuis 1958.

Source: Westaf Mining