Les employés de la Compagnie de bauxite de Dian-Dian (COBAD) ont déclenché une grève ce jeudi.

Cette « grève générale » concerne tous les employés de la société, y compris ceux de la mine de Sangaredi, le port de Kamsar et la direction de Conakry.

Ces employés demandent de meilleures conditions de vie et de travail. D’après Diallo Mamadou Lamarana, chargé de la communication du syndicat de Rusal COBAD, ils comptent rester sur leur position jusqu’à la satisfaction de leurs différents points de revendication.

« Nous revendiquons nos droits. Nous n’avons pas de prise en charge sanitaire. La production a commencé depuis 2018, ils nous avaient promis cela, c’est même écrit et signé. L’amélioration de nos conditions de vie, notamment, le rehaussement salarial ; les denrées alimentaires étaient promises, mais rien n’est fait. Il y a des licenciements arbitraires qui se font à chaque moment, même pour des gens qui ont des CDI (contrats à durée indéterminée, NDLR), on les tape et on ne justifie même pas pourquoi on les a tapés. Nous voulons que cela s’arrête maintenant », a-t-il confié.

Avant de signaler que « les gens qui ont fait deux ans, ils ont le droit d’avoir un CDI, nous voulons qu’on leur donne un CDI. Les stagiaires qui sont là, qui ne sont pas rémunérés, je veux qu’on les réénumère. Que les prises en charge sanitaires promises soient engagées. Les cantines qui ont été mises en place pour les travailleurs soient mises en place ».

« Il y a un de nos travailleurs, conducteur de machine qui est tombé malade ici. Qu’est-ce qui s’est passe? Il va à l’hôpital, on dit à sa famille de le prendre en charge. Son frère était obligé de vendre son taxi qui roulait pour le soigner. Ils ont amputé son pied. Dès son retour, la société l’a mis dehors. Je pense que tout cela n’est pas normal puisqu’il a trouvé sa maladie là ici. Ils n’ont pas respecté le code du travail. Il y a des intimidations dans le travail », a-t-il donné en guise d’exemple.

Il a rappelé par ailleurs qu’« hier, on avait suspendu la grève jusqu’à la fin des négociations. Ils ont militarisé la zone, ils envoient 7 pickups, on te dit, toi travailleur là où tu es assis, tu n’as pas le droit de bouger, même pour aller à la toilette tu ne peux pas. Depuis quand ? Depuis au temps de la traite négrière, on n’a plus vu ça. C’est pourquoi on a décidé ce matin qu’on va tout arrêter. Le monde entier va savoir ce qui se passe. Tant que nos conditions ne sont pas respectées, le mot d’ordre de grève reste maintenu ».

Selon lui, ils ont menés plusieurs démarches avant de déclencher ce mouvement. « Le préavis de grève a été déposé depuis le 9 mai. Nous devrions aller en grève le 20 mai. Mais vu qu’ils n’ont pas toujours eu la volonté d’appeler à la négociation, nous avons révisé le préavis de grève sous l’intervention du préfet de Boké qui nous a plaidés d’envoyer le préavis de grève vers le 25 qu’il veut intervenir, que si les Russes ne comprennent toujours pas, que là, il ne pourra plus rien faire. Et hier, il n’y a rien eu. À 9h, aujourd’hui, nous avons décidé de tout arrêter. Nous sommes à la barrière, à la première entrée de la société. On est assis sur les rails et on ne touche rien. Les militaires aussi sont là. Nous comptons rester là jusqu’au jours où ils nous diront que nos besoins sont satisfaits », a-t-il expliqué.

M. Dramé, manager du service personnel que nous avons joint pour sa version des faits de la société nous a confié ne pas être : « la personne habilitée à vous donner la bonne information. Vous allez devoir m’excuser S’il-vous-plaît. »

Et M. Yaya, directeur adjoint de port a raccroché nos appels sans y donner suite.

Nous avons aussi contacté la représentation de Rusal en Guinée qui n’a jusqu’au moment où nous publions cette information pas réagi.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com