L’affaire du retrait des blocs 1 et 2 à la compagnie brésilienne Vale n’a pas révélé tous ses secrets. Ces jours-ci, un rebondissement est survenu avec l’exhumation de courriers confidentiels qui intriguent et tournent les regards vers le milliardaire hongro-américain, George Soros.

Un email interne à la compagnie brésilienne, daté du 6 juin 2011 (voir copie en portugais), affirme que le milliardaire et gourou de la finance, Soros, aurait tenté d’obtenir un paiement de 250 millions USD avant toute discussion avec le gouvernement guinéen à l’époque.

Ce montant devait en principe s’ajouter à 250 autres millions USD qui semblaient en discussion avec le gouvernement guinéen à l’époque.

Le courrier de Vale (en fait un message interne de Murilo Fereira, un autre responsable de Vale, qui a été transféré), envoyé par Ricardo Saad, un très haut responsable de la compagnie et adressé à Rafael Benke, un des vice-présidents de Vale, n’indique pas clairement si l’un des montants réclamés (250 millions USD) était lié à la pression que les autorités guinéennes exerçaient en 2010-2011 sur les Brésiliens par rapport aux impôts dus par la compagnie.

Voici la traduction approximative du courrier en question :

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« Je ne sais pas si je vous avais fait remarquer que la première semaine de mars, Roger et moi étions avec Soros à Londres où il a proposé que Vale anticipe 250 millions de dollars au gouvernement et en contrepartie chercherait les garanties du contrat signé avec BSGR. Au bout d’une semaine, une fois le projet d’accord prêt, il a changé sa position en disant que nous devrions payer 250 millions de dollars américains pour avoir le droit de s’asseoir avec le gouvernement et de rediscuter de l’accord ???

De toute évidence, il est proche du président Alpha Condé, mais n’a aucun mandat pour parler en son nom.

Cette semaine, le président Alpha Condé s’entretiendra avec BSGR sur la question du paiement de l’impôt sur les plus-values. Reste à confirmer, le président du Liberia souhaiterait rencontrer Vale en début de semaine prochaine, au sujet de l’accord de départ pour le Liberia. Elle souhaite accélérer la signature du contrat et veut savoir ce qui est interdit.

Saad devrait assister à la réunion où nous mettrons une condition au contrat d’avoir l’accord de congé au Libéria pour les blocs 1 et 2 de Zogota. »

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Le « Roger » en question est Roger Agnelli, ex-patron de Vale, décédé avec sa fille dans un tragique accident d’avion en mars 2016.

Rio Tinto, la « concurrente » de Vale sur le mont Simandou, qui contrôlait déjà les blocs 3 et4, avait payé 750 millions USD comme « amende » pour conserver ses droits sur le Simandou.

BSGR-Vale (voir NB), en dépit de la visite du président brésilien, à l’époque Luis Ignacio Lula da Silva, et des multiples projets brandis en faveur de la Guinée, avait tout bonnement été éjecté du projetsur des accusations de « corruption ».

WESTAF MINING n’a pas réussi à joindre Soros pour recueillir sa version des faits, mais les informations recueillies indiquent que le milliardaire rejette catégoriquement les accusations.

Le mont Simandou est la réserve de fer la plus riche (plus de 65% de teneur) mise au jour dans le monde. Elle comprend 4 blocs qui sont aujourd’hui contrôlés respectivement par SMB-Winning, suite à un appel d’offres international (blocs 1 et 2) et Rio Tinto (blocs 3 et 4).

Sous la houlette de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, un accord définitif a été trouvé en février 2019, effaçant juridiquement le litige judicaire entre BSGR et l’Etat guinéen, avant que l’appel d’offres ne soit lancé par le gouvernement guinéen.

En contrepartie, BSGR avait récupéré le gisement de fer de Zogota, à quelques kilomètres du Simandou.

Détail important : si le gouvernement guinéen a toujours exigé que le minerai du Simandou soit évacué via un chemin de fer appelé « Transguinéen » (670km, en projet), le minerai de Zogota pourra être exporté à partir du territoire libérien.

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NB : Durant les premières années de pouvoir d’Alpha Condé, le milliardaire George Soros était très proche du président guinéen qui le consultait régulièrement sur plusieurs dossiers miniers notamment. Les deux hommes ont fini par se séparer sans qu’on ne sache exactement l’origine de leur « brouille ». BSGR, la compagnie du milliardaire israélien Beny Steinmetz, titulaire du permis sur les blocs 1 et 2 à l’époque, était en joint-venture avec Vale pour l’exploitation du Simandou, avant l’annulation de ses droits.

Un article de Westaf Mining