L’office guinéen de publicité a fait un lapsus révélateur sur la gestion de nos mines sous le CNRD. « Une seconde victoire historiSque : La Guinée fixe enfin le prix de référence de sa bauxite. Grâce à l’opiniâtreté du colonel patriote », tel est le titre qui barre des panneaux publicitaires grandeur nature à travers Conakry.

Il faut dire que l’arrêt des travaux du projet Simandou et la renégociation des termes de la convention qui lie l’Etat guinéen à Winning Consortium Simandou -c’est la seule entreprise active sur le terrain- ; et la fixation du prix de référence de la bauxite, sont des opérations historiques -dans le sens de l’inédit-, et très risquées pour notre économie. Pour parler comme l’OGP, une entreprise historiSque.

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Les investisseurs sont dans l’expectative. Cherchant désespérément à se mettre à l’abri d’un autre arrêt des travaux par une saute d’humeur, à la moindre peccadille. Pire, l’attitude jugée antichinoise à tort ou à raison du ministre des Mines met aussi un grain de sable dans l’engrainage. Or, les financements, savent les experts, viennent de la Chine.

Et pourtant, le colonel s’était engagé…

Quelques jours après l’avènement du CNRD au pouvoir, le colonel Doumbouya en rencontrant les acteurs du secteur minier avait dans un discours jugé responsable par ceux-ci et bon nombre d’observateurs.

« Je voudrais du haut de cette tribune, réaffirmer de façon solennelle, l’engagement du peuple de Guinée, du Comité national de rassemblement et du développement et de moi-même, à ne ménager aucun effort quant à la protection et à la sécurité des investisseurs étrangers en Guinée. Tout en vous rappelant que ces ressources sont non-renouvelables. Je voudrais vous inviter au respect strict des obligations légales et contractuelles. Le Comité national de rassemblement et du développement et le secteur minier ont une communauté d’intérêt. La préservation de ces intérêts nécessite le renforcement des équilibres et le maintien du dialogue », a-t-il souligné.

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Avant d’insister : « Dans la logique des équilibres des droits et des devoirs de chacun et de tous, nous ne transigerons pas sur certains points tels que l’existence de transparence dans les relations Etat-opérateurs. Le respect des obligations contenues dans les conventions, la fiscalité, la redistribution des richesses à travers notamment les différents régimes de contribution, la préservation de l’environnement et la responsabilité vis-à-vis des générations futures, l’intensification de la recherche scientifique et de la projection géologique. »

Moins d’un an après ce discours, l’espoir fond comme beurre au soleil parce que la « logique des équilibres des droits et des devoirs de chacun » semble être remis en cause.

Avec comme conséquences, de milliers d’emplois guinéens menacés et une économie qui risque l’anorexie.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com