Zenab Nabaya Dramé, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle serait-elle une intouchable ? Après avoir bénéficié d’une solidarité gouvernementale inédite, une procédure parallèle visant à coller un procès « pour diffamation » à des journalistes, est en cours au niveau du tribunal correctionnel de Kaloum. Tout ceci, sans attendre la fin de l’enquête ouverte par le procureur au sujet de l’affaire de corruption présumée, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, jusqu’à preuve du contraire. On se retrouve donc, curieusement, avec la même affaire pendante devant deux juridictions de même degré ! De l’avis des juristes, « si le procès contre les journalistes a lieu, ce sera une exception » dont aura joui madame la ministre. Et ce sera un scandale !

Pour rappel, Youssouf Boundou Sylla de Guineenews, un des journalistes contre lesquels Zenab Dramé a porté plainte a été invité, le 30 novembre dernier, par le doyen des juges d’instruction pour « être entendu en qualité de témoin sur les faits de détournement de derniers publics reprochés à un membre du gouvernement ». Pourrait-on dire mieux pour prouver qu’il y a bien une information judiciaire ouverte dans le cadre de cette affaire ?  

Il est tout de même bizarre de constater que la ministre n’a pas attendu l’épilogue de cette enquête, qui pourrait confirmer ou infirmer les faits allégués, pour évoquer la « diffamation » visant sa personne. Comme si elle se sentait suffisamment blanchie par le simple communiqué du gouvernement pour agir contre les « empêcheurs de tourner en rond ». Si on craignait une tournure imprévue du cours de cette affaire, si on voulait faire obstruction à la procédure d’information judiciaire, on ne s’y prendrait pas autrement. Encore une fois, seule la sérénité et la bonne foi permettront de démêler le vrai du faux dans cette histoire qui, faut-il le souligner, n’est pas encore bouclée.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com