Deux supporters du Syli national fulminent contre les joueurs après une énième défaite : que faut-il donc pour qu’ils mouillent le maillot, lance le premier ?

Rien, sauf à les faire jouer sous la pluie, répond le second !

Cette anecdote illustre à merveille le sentiment de déception que suscite, depuis un certain temps, les contre-performances de l’équipe nationale de football.

A l’index, des joueurs qui seraient davantage mus par l’apprêté au gain que par un engagement à défendre, la rage au cœur, les couleurs de la Guinée. Sur la sellette, les responsables du foot en général, et principalement le comité exécutif sortant de la fédération nationale.

Une équipe qui devra raccrocher les crampons, maintenant que la FIFA a décidé de faire entrer en jeu un comité de normalisation avec une mission et un agenda précis. Entre autres, gérer les affaires courantes et mettre les préalables à l’organisation d’un congrès électif avant fin juin 2022.

Une décision largement saluée du reste dans le milieu du foot guinéen, et qui vient siffler la fin de la très longue prolongation dont bénéficiaient l’ancien président, Antonio Souaré, et Cie depuis la fin de leur mandat en février dernier.

Le désolant spectacle auquel se sont livrés des membres statutaires, ainsi que certaines commissions de la fédé, à l’occasion du congrès plusieurs fois annoncé et finalement avorté d’il y a quelques mois, est encore dans tous les esprits, et nourrit de compréhensibles inquiétudes quant à la tenue d’élections régulières et transparentes au terme de la transition qui s’ouvre. Celle de la Féguifoot bien sûr, et non l’autre.

Il est vrai qu’à l’aune de la corruption qui gangrène le milieu, et au regard de la toute puissance des gourous qui tirent les ficelles derrière le rideau, il est fort à parier que ces derniers ne lâcheront pas facilement le morceau. A défaut d’être soi-même au-devant de la scène, ce ne serait pas mal déjà d’y placer sa marionnette préférée.

À ce jeu de puissance qui s’annonce impitoyable, bien malin celui qui fera le bon pronostic. S’il était encore de ce monde, peut-être que Paul aurait pu nous aider.

Paul ? Pour qui ceux qui ne s’en souviennent plus, c’était le poulpe aux pronostics infaillibles de la coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud.