Ibrahima SANOH, Citoyen guinéen et essayiste , Président du Mouvement Patriotes Pour l’Alternance et le Salut.

Pendant que la Guinée vit une crise sanitaire sans précédent, que les acteurs de la vie nationale ont  fait  un moratoire sur leurs divergences d’opinion, le pouvoir guinéen  exploite la crise sanitaire pour  prendre en otage le destin des millions des Guinéens.  L’aile dure du parti au pouvoir dans une récente réunion a décidé qu’Alpha Condé soit son  candidat à un autre mandat et que la présidentielle  se tienne cette année en dépit du contexte sanitaire  préoccupant. Le parti au pouvoir, déraisonnable, qui n’a jamais espéré à conserver le pouvoir  après Alpha Condé en a décidé ainsi.  Oui, Alpha Condé sera candidat à un autre mandat ! Oui, les élections aura lieu cette année, aussi  absurde que cela paraisse.

Ô peuple de Guinée, tu as été abusé  et la constitution qu’on t’a prêté  n’était que l’expression d’une minorité accaparante  obsédée par la rente  et désireuse de  s’autoamnistier  pour ses crimes de sang et économique. Voilà sa prochaine  stratégie: élargir la coalition des courtisans qui est la CODENOC à autres entités, changer sa dénomination pour charger l’entité d’une autre idéologie , d’un autre objectif «  permettre un autre mandat à celui qui ne le mérite pas » , puis  manipuler la Basse Côte  et enfin lancer la campagne pour un autre mandat à Alpha Condé à partir de cette région . 

Cette coalition de courtisans  ne voudra pas entamer cette infâme campagne à partir de la Haute Guinée, ce qui sera révélateur de son objectif d’hégémonie ethnique.  Ses idéologues ne sont pas de la Basse Côte, région hospitalière, affable et éprise de justice.  Ils veulent manipuler cette région afin d’arriver au dessein qui est : la prise en otage du peuple de Guinée. Peuple de Guinée, voilà la besogne d’Alpha Condé !  Il n’est pas manipulé. Il n’est pas exploité par ses collaborateurs  qui n’obéissent qu’à ses ordres. Toute exploitation suppose une collaboration bénévole ou forcée de celui qui est exploité.   

 Alpha Condé et son régime avouent enfin leurs échecs. Il a accusé l’opposition de l’avoir empêché de réussir sa vision de développement  qu’il n’a jamais eue, il a accusé Ebola  et maintenant, il veut profiter de la crise sanitaire liée au coronavirus pour se rattraper. Ne se rattrapent que ceux qui ont échoué.  Notre pays est à la recherche du temps perdu et aucune chance de se rattraper ne doit être accordée à Alpha Condé, candidat au fourvoiement national. La plus grande immoralité est d’exercer une fonction à laquelle on ne s’est pas préparé.

N’est-ce pas un aveu d’échec que de refuser l’alternance ? Quand on a réalisé ce qu’on  s’est promis de faire, on donne la possibilité  aux autres d’être éprouvés par l’exercice du pouvoir.  L’accaparer à des fins personnelles est à la fois égoïsme et crime contre un peuple qu’on a maintenu  depuis plus de neuf années dans le dénuement abject.

Ô peuple de Guinée, un président qui  a trahi son serment de respecter et de faire respecter la constitution ayant fait de lui le premier Président  qu’il s’enorgueillit d’être, respectera-t-il un autre texte ? Indigne est le mot.  Celui qui n’a pas respecté ses premiers serments  reniera ceux futurs. Celui qui n’a pas honoré ses promesses ne s’acquittera jamais de celles qu’il fera.   Un Président qui a promis d’être Mandela, puis la réconciliation à son peuple, doit-il devenir disciple de Biya, de Deby et de Sassou ? Un président de 83 ans d’un Etat unitaire centralisé  ne pourra plus supporter les charges de sa fonction si on venait à lui accorder un mandat de plus. Le lui accorder serait d’ailleurs un acte déraisonnable. A mesure que son âge avance, ses capacités cognitives baissent et sa productivité au travail décline.  Nos maux sont grands et Alpha Condé qui n’a pu résoudre aucun de nos problèmes ne devrait pas les aggraver.

Ô peuple de Guinée, l’alternance obéit à trois obligations : morale, politique et légale.  Celui qui a combattu le pouvoir à vie des autres doit être combattu dès lors qu’il souscrit aux  mêmes pratiques  qu’il a décriées et combattues.  Il ne devrait pas  avoir de double standard, ce qui est mauvais l’est en tout lieu et en tout temps. Celui qui n’a pas réussi à rendre la ville de Conakry propre, à  reformer le système éducatif de son passé et à améliorer les conditions de vie de ses concitoyens ne doit plus aspirer à un autre mandat et pis confisquer le pouvoir. Alpha Condé a détruit le travail dans ce pays.  Il ne l’accorde qu’aux militants et courtisans.  Le  taux de chômage est si grand qu’il dénote d’un scandale. Sa prétendue nouvelle constitution n’est que l’expression de la substitution de l’expression de la volonté d’une minorité scélérate à celle d’un peuple abusé. Celle-là sur laquelle il a prêté serment ne lui confère aucun droit d’être candidat. Il ne doit être candidat à rien.

Peuple de Guinée, ce pouvoir ne réussira pas sa lutte contre le coronavirus. Il a abdiqué. Il exploite au mieux cette situation, il n’a aucune compassion pour notre misère et voudrait la perpétuer.  A présent, il  œuvre à donner un autre mandat à Alpha Condé et par la force. Il vit une crise morale indescriptible, son bilan humain n’accable pas sa conscience.  

  Que faut-il faire ? Lui résister et  ne pas céder à son appel à la sédition et à la division. Il nous veut diviser. Il opposera les régions du pays  les unes aux autres.  Peuple de Guinée, voilà  à présent ta besogne, la nôtre : éviter que  ce piètre régime se maintienne et accorde à Alpha par la force et aussi la triche un autre mandant qu’il ne mérite pas.   Peuple de Guinée, de l’alternance viendra ton salut.  La Guinée en a grand besoin.  Tu dois réussir cette lutte et pour cela, je t’invite au rassemblement authentique autour des valeurs qui font nôtre dignité et notre noblesse  de citoyens. Ces valeurs sont celles de la défense de la République trainée dans la boue par une minorité désespérée qui a changé de constitution   pour réaliser le destin d’un homme dont l’exercice du pouvoir aura été malheur , misère , mort et persécution pour son peuple . Cette minorité voudra condamner nos potentialités à l’étiolement  et conduire les générations entières à la désespérance et l’errance.

Ibrahima SANOH

Président du Mouvement Patriotes Pour l’Alternance et le Salut.

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