C’est dans la salle 28 Septembre du Palais du peuple, à Conakry, que le Parti guinéen de la renaissance (PGR), a organisé, ce jeudi 20 juin, une conférence sur le thème “Problématique de l’amendement, de la révision constitutionnelle ou de l’adoption d’une nouvelle constitution en lieu et place de la constitution du 07 mai 2010, au cœur de l’obligation citoyenne”, pour déclarer son « OUI » à la nouvelle constitution.

Plaçant l’événement dans son contexte, le président, Ibrahima Sory Condé, a estimé qu’ :  « En prélude donc aux élections présidentielles de 2020, le débat politique se focalise aujourd’hui sur un troisième mandat du président de la République, le président Alpha Condé, à la magistrature suprême de l’Etat. Pour ces raisons, notre parti a jugé utile de jouer sa partition dans l’émergence du respect de l’Etat de droit et des valeurs républicaines ».

Se disant présent sur le terrain depuis 2009, il a aussi décrit le rôle qu’il joue pour l’adoption de cette nouvelle constitution : « En ce qui concerne l’activité du parti sur le terrain pour dépassionner le débat, il y a deux mois, nous sommes sur le terrain. Le PGR fait partir de la COPAM, qui est un parti allié de la mouvance présidentielle. A ce niveau, nous avons entamé des activités sur le terrain. Pour expliquer aux populations le bien-fondé de cette nouvelle constitution ».

Dans le débat, Alfoussény Magassouba, conseiller juridique, a déclaré : « Vous devez savoir que l’article 84 que tout le monde ignore de cette constitution, ne met pas de délai de révision, ni d’amendement, ni d’avoir l’initiative même d’une nouvelle constitution. Donc c’est une faculté qui est donnée au président de la République, qui est donnée aux membres de l’Assemblée nationale,d’avoir l’initiative des lois (…) Il n’y a pas à dire pourquoi au début de son mandat, il n’a pas, pourquoi en cours de son mandat, il ne l’a pas fait… »

Il a aussi signifié qu’ : « (…) Il faut que les gens aient la tête entre les deux épaules. La nouvelle constitution ne signifie nullement, la violation du mandat du président de la République. Parce que c’est déjà prévu. Si vous parlez de violation, c’est l’article 35, et l’article 84 donne l’initiative au président de la République et aux membres de l’Assemblée nationale. Où est le débat ? Je pense qu’il n’y a pas de débat à ce niveau. Le débat est très clair. C’est les politiciens de mauvaise foi et des pseudos juristes qui sont là, en train de tromper la population. C’est cela la vérité. Il faut qu’on soit sérieux dans ce pays, pour donner la vérité aux gens… »

Dans la déclaration lue par le conseiller juridique,  il est inscrit tout d’abord que : « La république de Guinée doit se doter d’une nouvelle constitution, soumise au peuple par voie de référendum ce, conformément aux dispositions combinées des articles 2, 6, 22, 84, 85 et 152 de la constitution ».

Par ailleurs, le parti reconnait l’actuelle constitution comme celle ayant permis au président Alpha Condé d’être élu à la tête du pays, ainsi que celle ayant contribué à l’élection des députés de l’assemblée nationale. Aussi, il a fait savoir qu’: « à ce titre, il est inconcevable d’affirmer que cette constitution est mauvaise, parce qu’elle n’a pas été soumise au peuple par référendum, ce conformément aux dispositions de l’article 2 de la constitution. Cependant, elle connait des faiblesses et insuffisances, des contre-vérités et des controverses qui méritent donc notre réflexion et notre positionnement face à cette problématique de la nouvelle constitution. 

Pour terminer, « il faut avoir le même courage et la même honnêteté intellectuelle de reconnaître que cette constitution contient d’énormes insuffisances et des anomalies qui font qu’elle doit être obligatoirement révisée,conformément aux dispositions de l’article 84 et suivants de la constitution ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com 

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