Kabinet Sylla alias Bill Gates

Nous n’allons pas toucher un mot sur le « fanfaron analphabète » (sic !), le  « mégalomane sournois » (resic !), encore moins sur le « clown arrogant » (re-resic !) de la présidence de la République. Nous n’allons non plus pas faire d’amalgame entre les avoirs personnels de Kabinet Sylla alias « Bill Gates » et les biens de Sekhoutereya. Moussa Cissé, le patron du bureau de presse de la présidence, apparemment, un faux-brave, s’est, selon de nombreux médias,  dédit sur le sujet qui nous intrigue.

Comment un directeur du bureau de presse de la présidence, dont le rôle fondamental est dévolu au soin de l’image du chef de l’Etat, a-t-il pu, sur un coup de sang ( ?) ou sur la base de « fausses informations »  ( ?) s’épancher publiquement, jusqu’à la logorrhée, sur les comptes et mécomptes de ses collègues, employés dans l’institution-phare du pays ? Où a-t-il puisé ses informations, et à moins d’être candidat à l’émission « l’Afrique a un incroyable talent », où Monsieur Cissé s’exerce au jeu de jambes, qu’est-ce qui a pu se passer dans la tête de celui qui a étalé ses frustrations dans la presse privée, avant de se rétracter comme une huître ?

Qu’importe ! L’ancien journaliste a levé un lièvre que nous allons saisir en plein élan. Comment le bien nommé Bill Gates, qui détiendrait le « Sésame ouvre-toi » de la présidence, a pu laisser, dans un piteux état, le Bureau de presse de la présidence, pour donner à son média naissant le plus grand confort ? A ses frais ou aux frais de la Princesse, peu importe ! Parce que sur le sujet, au-delà des questions restées sans réponses, le conflit d’intérêts est patent.

D’ailleurs le bien nommé Bill Gates, agent public, patron de l’intendance de la Présidence, qui contrôlerait l’achat de la plus petite aiguille au plus gros bœuf de Sekhoutoureya, a-t-il le droit d’afficher des investissements comme ceux du groupe Djoma (Transport et Logistique, Exploitation minière, Médias, etc.)?

La réponse qu’apporte la Loi guinéenne portant « prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées en Guinée », est sans ambages : « Est interdit à tout agent public, l’exercice par lui-même ou par personne interposée, de toute activité commerciale ou lucrative, à l’exception de la commercialisation de ses productions agro-pastorales non industrielles, littéraires, scientifiques et artistiques. »

En résumé, la question n’est pas de nier le fait que Bill Gates se « suffisait » (comme on dit chez nous) avant d’être nommé à la Présidence, depuis près de dix ans ; mais est que la « fortune » qu’on lui prête, avant son entrée en fonction à la présidence, est comparable à celle qu’on lui colle aujourd’hui ? Si non, pourquoi ? Comment a-t-il fait pour en arriver là ? Est-ce qu’il se comporte comme un agent public ? Est-ce qu’il est soumis à la reddition des comptes de la Présidence ?

C’est tout l’intérêt de la sortie affligeante d’un homme (Moussa Cissé) qui, au mieux, n’a pas su tenir sa langue, ou, au pire, ne l’a pas remué 7 fois avant de parler à la presse.