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A Conakry, on remarque ces derniers moments la recrudescence d’incendies dans la circulation. Un rapide coup d’œil vous permettra de vous rendre compte de cet état de fait. En effet, des carcasses de véhicules calcinés sont souvent visibles aux abords de l’autoroute.

D’après certains mécaniciens, ces incendies sont dus à la « négligence de certaines pannes par le conducteur, ou le réchauffement du moteur suite à un manque de contrôle technique ».

Face à cette tendance, nous avons nos soldats du feu avec leurs maigres moyens : des tuyaux souvent percés, des citernes vides ou des camions en manque de carburant.

Sur l’échangeur de l’aéroport Gbessia, aux environs de 20h, ce jeudi 12 novembre, c’est une carcasse calcinée d’une Renault Kangoo que les sapeurs-pompiers de l’aéroport et de la commune de Matoto ont finalement pu sauver. Ils sont arrivés alors que l’incendie avait fini de consumer la voiture. A leur arrivée, ils ont été hués par la population. « Ils sont connus pour ce retard ! », a lancé un citoyen dans la foulée.

Ce cas n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Lors des diverses interventions qu’ils font, on voit ces agents se démener tant bien que mal avec des outils vétustes. Des tuyaux percés à plusieurs niveaux, empêchent souvent le jet d’atteindre la source des incendies. Surtout quand il s’agit de maison à plusieurs niveaux.

La plainte est toujours la même ! Nombreuses sont les victimes d’incendies, qui ont été obligées de se contenter de la mythique excuse de : « on n’a pas de carburant » ou « la citerne est vide ».

Au mois de février 2020 une série d’incendies a endeuillé et fait perdre des biens à plusieurs familles à Conakry et environs. A chaque endroit, c’était le même refrain. Souvent appelée à la rescousse, l’équipe de sapeurs-pompiers de la société Topaz a, à plusieurs reprises, sauvé la face.

Le 8 juin 2020 : A Madina (Mafanco), un incendie a ravagé un immeuble qui contenait des marchandises évaluées à plusieurs millions. Il a fallu l’intervention des camions à eau de la CMIS, qui ne sont pourtant pas fait pour cette tâche.

Le 11 février 2020 : A Sanoyah (Km 36), un propriétaire de menuiserie moderne perdait plusieurs millions de francs guinéens, parce que « les sapeurs-pompiers ont dit qu’il ne pouvaient pas venir à cause des embouteillages », nous a témoigné le fils de la victime.

Le 17 mai 2019 : Alors qu’un incendie a ravagé deux bureaux du ministère du Budget à Kaloum, à cette occasion, le directeur général de la Protection civile, le contrôleur général Moussa Camara, a certifié les difficultés rencontrées par les soldats du feu. Entre autres, il a signalé que « nous n’avons pas encore un camion a échelle. Les escaliers étaient impraticables avec la fumée ; donc on pouvait ne pouvait pas utiliser les échelles pour y accéder ».

Il avait notamment fait remarquer que pour maitriser le feu, il a fallu appeler des renforts. « J’ai fait venir des renforts. Comme l’ampleur était grande, j’ai été obligé d’appeler Laguipres (une société privée, ndlr), qui est venue au secours. C’est maintenant l’aéroport qui est venu… »

Autant de signes de contre-performances qui doivent inviter le ministère de tutelle à convenablement doter ce personnel qui s’avère être indispensable dans la vie quotidienne de la société.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com