Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté, Sidya Touré, tous des opposants-anciens-premiers-ministres

L’affaire dite des 4 milliards de CFA est encore d’actualité. Le journal sénégalais Le Quotidien qui a attribué la somme au président guinéen est revenu sur son ‘‘information’’ pour indiquer qu’il n’a jamais cité Alpha Condé comme étant le propriétaire de la somme. En réalité, le journal s’est planté. Et doit passer dans les conditions normales devant le tribunal des pairs à Dakar. Bien que le journal est revenu sur son ‘‘scoop’’ par le biais d’acrobaties de magiciens, chez nous, en Guinée des opposants-anciens-premiers-ministres continuent de brandir cette affaire comme étant la preuve par quatre que le président Condé expédie de l’argent à l’étranger pour des fins personnelles. Sans dire que transférer du cash est normal pour une banque centrale. En tout cas en leurs temps aussi, il y en a eu. La preuve par les exemples qui suivent.

-Déjà en 1995 une correspondance de Kerfalla Yansané, alors Gouverneur, adressée au Directeur de la Douane fait état de « l’exportation de billets de banque étrangers » sur le compte en dollars de la BCRG au crédit Suisse à Zurich. Le montant est de  1 591 072 USD. Le transport à l’époque s’est fait par la KLM.

-En 1996, un Procès verbal d’expédition de devises constate le transfert de 9 310 USD à la CPR de Paris et de 44 283 200 francs CFA à la BICIS de Dakar.

-En 2004, la BCRG exporte par la RAM (vols AT 526 Conakry-Casa du 4 décembre 2004 puis AT 934 Casa-Zurich du 25 décembre 2004) « trois caisses de valeurs contenant 3 135 000 USD et 830 000 euros ». Ces montants sont destinés aux comptes dollars et euros de la BCRG du Crédit Suisse.

-En 2007, avec la même compagnie aérienne (RAM) et le même trajet (Conakry-Casa, Casa-Zurich), avec six caisse contenant 5 585 000 USD et 2 070 000 euros, la BCRG transfère une fois de plus ses devises sur son compte au Crédit Suisse.

Les traces de ces transfert et de tous ceux qui ont été effectués (des centaines ou plus) depuis que la BCRG existe sont disponibles aux archives de l’institution.

N’importe quel journaliste voulant débattre du sujet et doté d’un minimum de compétence, de déontologie et de respect pour son métier pourrait mener la démarche d’aller se renseigner à la BCRG pour constater que la pratique dénoncée par ces anciens Premiers ministres est classique, régulière et ancienne. La même démarche permettrait alors de s’interroger sur l’attitude de ces anciens PM qui font tous semblant de s’indigner de l’opération « 4 milliards ».

Aziz Sylla