Dans une grande interview qu’il a accordée à la presse nationale, le premier ministre de la Transition, Mohamed Béavogui, a révélé que le CNRD a trouvé « les caisses [de l’Etat] non seulement vides, mais profondément vides. Parce que nous sommes endettés. Là je ne vous parle même pas de dette normale…L’argent a disparu ».

Une sortie qui ne laisse pas de marbre certains observateurs qui voient une sorte de contradiction entre les faits et les propos de l’ancien fonctionnaire international.

D’abord il faut rappeler que les caisses de l’Etat c’est des entrées et des sorties. Et le CNRD dès qu’il a pris le pouvoir a bloqué les sorties. Les caisses de l’Etat, c’est aussi les comptes des entités publiques qui ont été gelés. Ce qui signifie qu’il y avait de quoi bloquer. Il faut rappeler que les opérations douanières et fiscales notamment ont continué après la prise du pouvoir par le colonel Doumbouya et ses camarades…

En plus Mohamed Béavogui semble avoir vite oublié que le désendettement du trésor public vis-à-vis de la Banque centrale a été comme une prouesse brandie par le CNRD dès ses premières heures de prise de pouvoir. Un montant d’environ 815 milliards de GNF aurait été « retourné ». Par ailleurs selon plusieurs sources de la Banque centrale, les réserves de change avaient dépassé le milliard de dollars avant le 5 septembre, pour la première fois en Guinée.

Depuis la fin de ce mois de septembre, les fonctionnaires sont payés et les autres services publics sont faits. Certains chantiers arrêtés ont été relancés parce que, nous dit-on, les paiements ont été faits. Coupé de l’aide étrangère, par quel argent le CNRD a payé ?

En un mot ou en mille, dire que les caisses de l’état étaient vides à la prise du pouvoir par le CNRD est un argument qui ne tient pas. Est-ce parce que Mohamed Béavogui ne veut pas nous dire combien le CNRD a trouvé dans les caisses de l’Etat et qu’est-ce qui a été dépensé depuis 5 mois, qu’il se joue de la vérité ? Et pourtant il est nécessaire de savoir ce qu’on a trouvé dans une caisse pour mieux se projeter dans l’avenir.

Par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com