Plusieurs années de radio, ça use les énergies ! Surtout ici en Guinée où la vie est de plus en plus dure. Mais n’allez pas croire que les dures conditions d’existence de ce médium, qui ploie, à l’instar d’autres, sous d’importantes charges, décourage les promoteurs de radios. Ainsi, depuis la libéralisation des ondes radiophoniques, la bande FM a été littéralement prise d’assaut pour donner droit à la libre expression de la parole et des idées plurielles. Aujourd’hui, en Guinée, on compte une bonne vingtaine de stations de radios privées, commerciales, associatives et communautaires ou confessionnelles qui fortifient chaque jour la construction démocratique nationale et bêchent inlassablement les sentiers du développement.

On peut donc saluer à sa juste valeur l’initiative de Martine Condé, qui veut mettre en perspective les entreprises privées de radiodiffusion du pays des rivières du Sud. En effet, la présidente de la HAC invite, au-delà de la réflexion sur l’environnement de ces médias, à un nouveau contrat de prestations radiophoniques de qualité, gage d’un meilleur ancrage démocratique. Car les problèmes sont là, majeurs, qui grèvent encore douloureusement le bon fonctionnement des médias privés tout court, et singulièrement des radios privées. Martine Condé a ainsi noté fort justement l’insuffisance et le manque de qualification des effectifs, l’absence d’un statut du personnel, la maigreur des salaires, l’insuffisance et l’inadéquation des équipements…

Une communication a d’ailleurs présenté les conclusions d’une étude sur la problématique du fonctionnement des radios privées en Guinée, qui a fait ressortir un chapelet d’insuffisances et de contraintes qu’il conviendrait de résoudre ou de lever un tant soit peu, en cette nouvelle année qui s’offre aux entreprises de radiodiffusion privées guinéennes. Les acteurs de ces entreprises de presse devraient se saisir de l’occasion qui leur est ainsi offerte pour formuler des recommandations susceptibles, si elles sont suivies d’application, d’améliorer leurs prestations.

Des recommandations, qui devraient appeler notamment à l’élaboration et à la mise en oeuvre par les services techniques compétents, d’une fiscalité spécifique applicable aux radios privées. Sans oublier la révision sensible voire la suppression de certaines redevances sur les fréquences radioélectriques, ainsi que la révision de la redevance des droits d’auteur pour tenir compte de l’environnement socio-économique et des réalités locales de la radio. Mais ce n’est pas tout. Il faut également demander que soient organisés à l’intention des journalistes, des séminaires ateliers de formation en déontologie et éthique et que soient élaborés et vulgarisés des manuels, plaquettes, affiches et spots sur la déontologie et l’éthique.

Une dernière recommandation pertinente sera de revoir les conditions de subsistance des travailleurs de ces entreprises de presse radiophonique privée dont chacun sait qu’à force de jongler pour survivre, ils ont désormais du mal à trouver la queue du diable pour les tirer d’embarras. Que voulez-vous, même le diable ne se laisse plus “tirer par la queue”! Aussi, la HAC est-elle invitée à entreprendre toutes les actions en direction des ministères chargés de l’Emploi et de la Communication, des promoteurs de radio, des associations professionnelles de la communication pour l’élaboration d’une grille salariale applicable au personnel des radios privées, en attendant l’adoption d’une convention collective pour l’ensemble de la corporation”.

Voilà ! Ce qui est dit est dit, et cela doit être écrit et respecté.

Abou Maco, Journaliste