Depuis près de cinq ans, l’opposition qui n’a pas digéré sa cinglante défaite à la présidentielle de 2010, a tout tenté pour saboter l’action gouvernementale, créer la chienlit afin d’empêcher le professeur Alpha Condé de gouverner. C’est à peine si elle ne rit pas sous cape de l’arrivée du virus maudit en Guinée. Elle a espéré quand quelques militaires perdus ont essayé d’attenter à la vie du chef de l’Etat le 19 juillet 2011. Toutes les manifestations de rue que l’on a connues obéissaient à la logique de faire partir Alpha Condé. Par tous les moyens. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, pourrait-on dire. Il s’agit là d’une opposition irresponsable. On pourrait ajouter immature, incompétente, irréaliste, prétentieuse, arrogante… une opposition qui nous a offert ces derniers jours le spectacle du chantage politique le plus affligeant, adoptant des attitudes jusqu’au-boutistes au détriment de l’intérêt du pays. Elle compte utiliser tous les moyens possibles pour faire partir l’actuel président élu démocratiquement. Car, pour reprendre le prétentieux Tibou Kamara, « pour faire partir Alpha Condé, toutes les options sont envisageables ». Ces opposants oublient toutefois que la population n’est plus dupe et sait désormais à quoi s’en tenir.

Car, ceux qui ont des yeux pour voir ont vu ; ceux qui ont des oreilles pour entendre ont entendu ; ceux qui ont un cerveau pour comprendre ont compris : il y a bel et bien une opinion dominante dans ce pays. Elle est forte, elle est nette, elle entend jouir de ses droits et conséquemment se plier à ses devoirs. N’est-ce pas cela le fondement de la démocratie avant toute autre chose ?

En réussissant en quelques quatre années à transformer la Guinée en un pays fréquentable et faire redémarrer l’économie, Alpha Condé a cloué plus d’un bec, asséché plus d’une plume, transformé en rictus plus d’un sourire et brisé plus d’un espoir… d’alternance.

De quelle légitimité parle-t-on quand on veut imposer des points de vue minoritaires à la majorité et à la Nation ? De quelle démocratie parle-t-on quand on menace ouvertement la paix sociale ou quand on incite à user de violence au prétexte que «ce pouvoir ne connaît que la violence»? Enfin, de qui se moque-t-on ?

Il est difficile de comprendre la logique d’une opposition qui dit accepter le dialogue mais qui refuse tout compromis. C’est tout simplement une bonne manière de faire preuve de mauvaise foi.

Conscients de leur faiblesse congénitale en matière d’idées novatrices, les opposants ont choisi d’emprunter la voie dangereuse de la sédition. Il faut apeurer les Guinéens en voyant le diable partout mais aussi en les montant les uns contre les autres afin de créer une situation de chaos. Roland TOPOR disait des politiciens qu’ils «sont des gens qui souvent se promènent les fesses serrées de peur de laisser échapper un peu de vérité.» Si les opposants guinéens sont honnêtes, ils doivent se reconnaître dans ces propos, eux qui nient les évidences sur la situation politique, économique et sociale de la Guinée.

Dans l’impossibilité de convaincre avec la force de l’argument, l’opposition voudrait bien utiliser l’argument de la force. Des apprentis sorciers comme Bah Oury et Tibou Kamara n’hésitent pas à dire que l’usage des armes n’est pas condamnable dans une nation démocratique. Pourvu que cela permette de mettre fin au pouvoir d’Alpha Condé. Que dire de leur patron qui évoque déjà la désobéissance civile si les communales ne se tenaient pas avant les présidentielles ?

C’est le jeu de groupuscules extrémistes d’essence anarchiste qui appellent naturellement à la violence et qui promettent l’apocalypse si d’aventure leurs points de vues n’étaient pas purement et simplement adoptés.

En analysant de telles prises de position, les démocrates sincères ne peuvent qu’avoir froid au dos parce que cette minorité d’illuminés veulent faire croire que leurs élucubrations émanent de la majorité. S’ils pouvaient seulement méditer ces propos du penseur François René de CHATEAUBRIAND : «Presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision.»

Cette opposition là est pernicieuse, machiavélique à souhait, prête à sacrifier des milliers de vie humaine pour assouvir sa soif de pouvoir. Les prétextes qu’elle utilise pour pourrir l’atmosphère sociale sont puériles et amènent à se demander si cette opposition ne se moque pas de la population. Sinon comment expliquer qu’elle veuille coûte que coûte des communales avant les présidentielles ? Elle prétend que les délégations spéciales en place vont œuvrer pour le parti au pouvoir et puisqu’elles sont devenues illégitimes, les élections communales doivent se tenir maintenant. Cette opposition là oublie pourtant que partout à Conakry où il y a des délégations spéciales, elle a gagné dans ces communes lors des élections législatives. Cette idée, dès lors, ne tient plus. Et la CENI ? Elle voudrait bien qu’on la recompose une fois de plus. Et si on le faisait, elle demanderait encore et toujours une nouvelle recomposition. Si la CENI décidait d’organiser les communales avant les présidentielles, elle crierait qu’il faut faire l’inverse. C’est cela la logique de cette opposition, toujours caressée par un pouvoir qui a l’air de tout faire pour lui plaire, ce qui n’est pas forcément à l’avantage de celle-ci.

En effet, à force de la caresser dans le sens du poil et de ne pas lui faire des reproches ou des critiques même les plus objectives qui auraient pu l’aider à prendre la mesure des réalités et à rationnaliser son action, on a fini par conduire cette opposition dans une sorte d’ivresse du verbe et de perte de tout repère. On se croit capable de tout, on exige tout et tout de suite etc. Sinon, comment comprendre autrement ces sempiternelles menaces à la paix sociale si le pouvoir passait outre ses opinions ?

En vérité, à fermer les yeux devant ses erreurs les plus évidentes et à l’encourager par des analyses irresponsables qui lui font croire qu’elle est en réalité la véritable majorité, on a conduit l’opposition à un intégrisme qui lui a fait perdre le sens de la mesure. Mais convaincue dans son tréfonds dorénavant qu’elle ne peut rien contre l’aura et l’envergure du professeur Alpha Condé qui va immanquablement rempiler, elle se lance dans des actions désespérées qui pourraient perturber la paix sociale. Sans aucun doute que l’Etat est prêt pour parer à toute éventualité, mais il est toujours préférable de ne pas tenter le diable. Personne n’y aura intérêt, à commencer par l’opposition elle-même.

Madeleine Sagno

 

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