Ilia Ivanovitch Ivanov (1870 —1932) est, selon Wikipedia, un biologiste russe et soviétique spécialisé dans l’insémination artificielle et l’hybridation inter-espèces.

Parlant d’une étude controversée du biologiste, l’encyclopédie en ligne rappelle qu’Ivanov a tenté de créer un hybride de singe et d’humain: «Dès 1910, il avait donné une présentation lors du Congrès Mondial de Zoologie à Graz dans laquelle il décrivait les possibilités d’obtenir un tel hybride grâce à l’insémination artificielle. Dans les années 1920, Ivanov effectua une série d’expériences pour créer un hybride humain/non humain. Travaillant avec du sperme humain et des femelles chimpanzés, il ne réussit pas à déclencher une grossesse. En 1929, il organisa un jeu d’expériences impliquant du sperme non-humain et des volontaires humaines mais il fut retardé par la mort de son dernier orang-outan».

Ce qui n’est pas mentionné dans l’article de Wikipedia c’est cette information révélée par une revue scientifique. Ilia Ivanovitch Ivanov, en 1924, collaborait avec l’institut Pasteur qui l’a soutenu pour son système d’hybridation. Ainsi, l’Institut Pasteur a offert le privilège au scientifique d’accéder aux chimpanzés de la ‘‘filiale’’ de l’institut à Kindia (à l’époque Guinée française).

Mais le financement du projet n’a pas suivi. Après plusieurs tentatives, Ivanov aurait finalement reçu 10 000 $ de la Commission financière soviétique et son projet a été approuvé par l’Académie soviétique des sciences (Ivan Pavlov était un membre éminent de l’Académie et était présent le jour où cette décision a été prise). Le projet aurait donc bénéficié de la réputation du scientifique qui en réalité voulait tester différentes hypothèses de la littérature scientifique.

Avec son ‘‘petit budget’’, le scientifique son fils vont en Guinée française pour mener à bien ses expériences d’insémination artificielle en Mars, 1926.

Cependant, Ivanov se heurte à l’hostilité du personnel de l’institut Pasteur de Kindia où il pose ses valises. Le personnel lui reproche un rapport qu’il aurait fait pour Paris et qui dénonce le fait qu’environ sept cents chimpanzés avaient été achetés par des chasseurs indigènes depuis la fondation de la représentation de l’institut en 1923, et que plus de la moitié d’entre eux étaient morts avant qu’ils ne puissent être expédiés sur Paris pour des expériences biomédicales.

Le scientifique ne peut donc avoir des chimpanzés adultes. Les chasseurs locaux n’ont pu enlever que des nourrissons et tous étaient encore mineurs lorsqu’Ivanov est arrivé. Il tente alors d’inséminer trois femelles avant d’être contraint d’abandonner le projet.

Ivanov pour continuer ses expériences avec un moyen limité, décide de tenter l’insémination des femmes avec les spermatozoïdes de chimpanzés. Sans qu’elles ne le sachent. Il fait la proposition aux médecins d’un hôpital local et était prêt à procéder à l’expérience lorsque le gouverneur général de la Guinée française, Paul Poiret, le stoppe net.

Un peu plus d’un mois après leur arrivée, Ivanov et son fils décident de quitter la Guinée française. Il espère poursuivre son expérience en Russie mais avec des femmes volontaires. Il en trouve au moins une. Cependant quand on sut qu’il a tenté une insémination artificielle des femmes africaines sans leur consentement, il est aussitôt condamné par l’Académie soviétique qui lui retire du coup tout soutien.

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Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com