Le Français Frédéric Cilins, qui avait plaidé coupable en mars dernier d’obstruction à une enquête des autorités américaines sur l’affaire de corruption dans le Simandou a été condamné vendredi à deux ans de prison ferme.

M. Cilins, âgé de 51 ans, avait été arrêté mi-avril 2013 en Floride (sud-est). Outre la peine de deux ans de prison ferme, il va également s’acquitter d’une pénalité financière de 95.000 dollars, selon une décision d’un tribunal de Manhattan à New York, rendue publique par le département américain de la Justice (DoJ) dans un communiqué.

On rappelle que Frédéric Cilins a fait des ‘‘activités’’ en Guinée pour le compte de BSGR de Beny Steinmetz. Lui-même dans la collimateur des autorités guinéennes qui l’accusent d’avoir usé de la corruption pour s’octroyer des blocs 1 et 2 de Simandou. Si Cilins a été condamné pour avoir tenté d’obstruer une enquête judiciaire autours de cette affaire, il y a bien à se demander pourquoi il le faisait ? et au compte de qui ? La justice américaine ne le dit certes pas. Mais de nombreux observateurs estiment que le français a agi au nom de son mentor Beny Steinmetz.

Qu’à cela ne tienne, la Guinée, suite aux recommandations du comité technique de révision des contrats miniers a décidé de retirer à BSGR ses droits sur le Simandou. Pour de nombreux connaisseurs du domaine, la Guinée n’avait pas besoin de se munir de beaucoup de préséances pour passer à l’acte dès lors que BSGR sur le Simandou n’avait qu’un simple permis de recherche. Un seul acte administratif du ministre des Mines suffirait à lui seul de retirer ce droit.

Maintenant que les droits sont retirés, BSGR aurait saisi une cour arbitrale pour réclamer ses droits. L’erreur que la Guinée pourrait commettre serait d’attendre la décision de cette Cour pour lancer l’appel d’offres et attribuer ses blocs.

Pourquoi ? Parce qu’au pire des cas, la cour demandera, de l’avis de nombreux spécialistes, une compensation. Il est donc inimaginable qu’elle impose à la Guinée de donner vaille que vaille les blocs de Simandou à Beny qui plus est coupable selon toute vraisemblance de corruption.

Il n’est jamais aberrant de rappeler que Beny avait obtenu en 2008 les droits sur le Simandou où il a investi 170 millions de dollars. Il en a depuis revendu 51% au groupe brésilien Vale, pour 2,5 milliards.

Ibrahima S. Traoré

 

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