Tribunal de Mafanco (archives)

Poursuivi suite à la requête de la société Albayrak transport pour des infractions de « participation délictueuse à un attroupement et destruction de biens », 14 employés de ladite société arrêtés lors d’une manifestation, étaient devant le tribunal de première instance de Mafanco, ce jeudi 26 août.

La journée a été dédiée aux réquisitions et plaidoiries. Mais aucun représentant de la société Albayrak n’était présent dans la salle.

Dans ses réquisitions, la procureure, Josephine Loly Tinkiano, après avoir narré les faits du 16 août, a rappelé les circonstances de l’arrestation des prévenus par la gendarmerie Eco 4 de Matoto.

Elle s’est évertuée à prouver à travers les dispositions de l’article 627 et les propos des différents prévenus, à prouver qu’il y a effectivement eu, « attroupement ». Parce que selon elle, les éléments tels que « la sommation par les agents des forces de l’ordre, le rassemblement et le trouble à l’ordre public » sont établis. Et que la destruction des bus a également a eu lieu.

Par conséquent, elle a requis que les prévenus Mory Bangoura, Hamidou Camara, Fodé Touré, Mohamed Aïssata Condé, Abdoulaye Kouyaté, Laye Nongo Mansaré, Alia Kemoko Soumah, Amara Keita et Lansana Condé, soient renvoyés pour délit non constitué et des fins de la poursuite pour les faits de « destruction de biens ». Mais de les condamner à 6 mois d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 500 mille francs guinéens chacun, pour le délit de « participation délictueuse à un attroupement ».

Il a par ailleurs requis de renvoyer des fins de la poursuite des deux infractions, les nommés, Alseny Camara, Djenabou Diallo, Facely Traoré, Bountouraby Camara.

Avant de demander de reconnaître Abou Sangaré, coupable de « destruction de biens » et de le condamner à 1 an d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 2 millions de francs guinéens.

Pour les plaidoiries, Ousmane Simankan, avocat de Facely Traoré, a demandé au juge d’être indépendant. Puisque selon lui, « Il y a une main noire qui est perchée là-haut et en train de dicter ce qu’il faut faire. Sinon ce dossier est vide ».

Tout en ajoutant que son client poursuivi pour « attroupement » a été arrêté pour avoir « apporté de la nourriture à ses collègues ». Il a demandé au tribunal de relaxer son client tout simplement pour « délit non constitué ».

À sa suite, Me Moris Saa Tolno, de la défense a estimé que l’objectif de la société Albayrak en emprisonnant ses employés, est de les « intimider ». Il a estimé que les faits ne sont pas établis et donc ne sont pas imputables à ses clients. Avant de solliciter auprès du juge le renvoi pure et simple de ses clients des fins de la poursuite ou de les condamner en sursis.

A rappeler que ces employés avaient pour points de revendications « l’augmentation de salaire, la prise en charge médicale, l’enregistrement à la caisse nationale de la sécurité sociale, la signature de contrat et l’instauration des primes de motivation ».

Le juge Amadou Kindy Baldé a renvoyé le délibéré de l’affaire au 6 septembre 2021.

Une date que l’avocat Ousmane Simankan a trouvé « longue » lors d’une interview qu’il a accordée à la presse.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com