Guillaume Hawing

 

Celui qui a dit : « Accepter de vivre dans un pays et  non  dans un Etat, c’est accepter de vivre l’anomalie normale » a dit 85% de vérité. Celui qui a dit : « je refuse d’analyser  la situation d’un pays qui n’est pas un Etat » a dit 10% de vérité et celui qui a finalement dit : « je ne commencerai à analyser  la situation d’un pays que lorsque ce pays  empruntera le chemin d’un Etat »  a dit  5% de vérité.

Ces trois citations collent parfaitement avec la situation guinéenne, car le guinéen est celui qui accepte de comprendre, ce que ailleurs personne  ne peut comprendre. Mais aussi, c’est celui qui refuse  toute vérité sauf sa propre vérité. Bref le guinéen est celui qui est extraordinaire dans l’auto logique, c’est à dire une logique qui ne peut se décoder sur la superficie de nulle part ailleurs de ce village planétaire que sur celle des 245.857 km2 guinéenne.

Malgré tout cet handicap, je suis content et fier d’être guinéen car durant ce premier âge bien rempli de ma vie, ce pays m’a permis de comprendre ce que je ne pouvais comprendre nulle part au monde. J’avoue très honnêtement qu’aujourd’hui  je me sens prêt à enseigner dans n’importe quelle université  au monde les cours sur « l’anomalie normale ».

Oui dans ce pays j’ai vu et entendu beaucoup de choses :

1)       j’ai entendu un groupe de jeunes journalistes faire le juge, faire l’avocat et prononcer le verdict contre les hauts cadres ;

2)      J’ai  entendu un groupe de jeunes journalistes  qualifier les propos d’un Ministre de la « langue de bois ou de la langue mielleuse ». Bref de menteur.

3)      J’ai  entendu un groupe de jeunes journalistes qualifier un Ministre de « il est qui lui, qu’est ce qu’il peut ? il n’est qu’un faux et un beau parleur, ce Ministre est gonflé hein, mais ce Ministre se prend pour qui ? » oui j’ai entendu ça!!!!!

4)      J’ai  entendu un groupe de jeunes journalistes se prononcer sur tous les sujets, devenir spécialistes de tous les sujets, finalement on se demande ils sont spécialistes de quoi ? certes spécialistes de tout et de rien.

5)      J’ai entendu un groupe de jeunes journalistes parler aux  membres du gouvernement comme s’ils  parlaient ou s’adressaient à leurs fils ou petits fils, et cela  avec tous les écarts de langage indignent à l’endroit du rang d’un Ministre de la république ;

6)      J’ai entendu un groupe de jeunes journalistes, sans preuves, se prononcer à l’affirmatif et non au conditionnel ;

7)      J’ai vu un groupe de jeunes journalistes qui ne jurent que sur l’humiliation des hauts cadres, et cela, par la plus belle façon des parades.

8)      J’ai entendu un groupe de journalistes traités la coopération guinéo-marocaine et  plusieurs autres coopérations de purement et simplement nulles ;

9)      J’ai vu un groupe de jeunes journalistes hostiles à la  promotion des acquis et à la promotion des jeunes cadres qui se démarquent par leur compétence;

10)   J’ai vu à travers un groupe de jeunes journalistes, le quatrième pouvoir tenter de faire le rôle du 3ème pouvoir ;

11)   J’ai vu un groupe de jeunes  journalistes piétinés le droit à l’honneur, le droit au respect à la vie privée et le droit à l’intimité personnelle.

12)   Qu’est ce que je ne verrai ou n’entendrai pas encore avec ce groupe de jeunes journalistes ?

Chers amis, bien que vous soyez spécialistes de tout en même temps, permettez moi à l’issue de mes recherches de vous rappeler ces quelques devoirs d’un journaliste du 21ème siècle :

En effet, être  journaliste du 21ème siècle, c’est être capable  d’observer rigoureusement  les points ci-après :

  1. Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.
    2. Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.
    3. Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et documents.
    4. Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.
    5. S’obliger à respecter la vie privée des personnes.
    6. Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.
    7. Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement.
    8. S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
    9. Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste  n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.
    10. Refuser toute pression et n’accepter de directive rédactionnelle que des responsables de la rédaction. Les journalistes, dans les informations qu’ils donnent et les opinions qu’ils formulent, doivent respecter la présomption d’innocence, principalement lorsqu’il s’agit d’affaires en instance de jugement, en évitant de prononcer des verdicts.
  2. Le droit des personnes à une vie privée doit être respecté. Les personnes qui ont des fonctions publiques ont droit à la protection de leur vie privée sauf dans les cas où cela peut avoir des incidences sur la vie publique. Le fait qu’une personne occupe un poste dans la fonction publique ne la prive pas du droit au respect de sa vie privée.
  3. Exiger la réponse de l’autre dans la plus grande intelligence et dans un verbe acceptable et inoffensif.
  4. Dans l’exercice de la profession de journaliste, la fin ne justifie pas les moyens; l’information doit donc être obtenue par des moyens légaux et moraux.

Pour finir je dis ceci : La presse étant le 4ème pouvoir, les hommes de presse doivent être le quatrième point cardinal de notre localisation géographique ou la quatrième roue d’une voiture sans laquelle la voiture ne roulera pas bien. Pour le cas spécifique guinéen, ils doivent être  la 4ème région naturelle guinéenne sans laquelle aucune région ne marchera. Comme pour dire qu’une république sans presse est une république stationnaire et qu’une presse négative pour une république est une république en marche arrière.

Guillaume Hawing, chercheur