Les épreuves du baccalauréat unique ont été lancées ce mardi 25 août 2020, sur toute l’étendue du territoire national. Les candidats ont affronté les épreuves durant quatre jours dans les différents centres du pays. A Kankan, une ONG ayant constaté des manquements graves dans le déroulement de cet examen, a saisi le bureau du procureur le jeudi 27 août, en vue de son annulation pure et simple pour ce qui concerne la région administrative.

C’est une affaire de corruption dénoncée  par une ONG dénommée “Guiving way”, basée à Kankan. Elle (l’ONG ndlr) parle aussi de sabotage du baccalauréat unique dans les différents centres d’examens. Les sujets dans différentes options auraient été traités sur les réseaux sociaux par certains responsables des clubs de révision, avant d’être distillés dans les salles de classe.

Bangaly Sylla, est le coordinateur de l’ONG Guiving way à Kankan. « Nous avons constaté avec amertume, les choses qui se passent à Kankan, par rapport au déroulement des épreuves du baccalauréat, nous condamnons fermement les attitudes où des sujets étaient traités sur les réseaux sociaux et introduits dans les différents centres d’examens. En tant que membres de la société civile et citoyens, pour un bon avenir de ce pays, nous demandons simplement l’annulation du BAC à Kankan. Et nous avons porté plainte contre X au tribunal de première instance, pour des enquêtes afin que les principaux acteurs soient déférés devant la justice.»

Poursuivant, le coordinateur précise avoir « personnellement reçu des sujets de BAC,   qui émanent des personnes dont je préfère garder les noms, et ce sont des personnes qui ne sont pas des candidats, je me demande comment elles ont pu recevoir ces sujets ? Je garde toujours dans mon téléphone, j’ai même fait une capture d’écran et c’est un sujet d’Anglais que j’ai reçu à partir de 9 heures 14 minutes, à peu près 14 minutes après le lancement de l’épreuve. Notamment j’ai assisté à une discussion indirecte avec des candidats eux mêmes qui ont confirmé l’information. Donc les faits existent, il suffit de faire une enquête autour de cette affaire. » Conclut-il.

Pour terminer, Bangaly Sylla insiste sur la nécessité de faire annuler l’examen. “Le BAC doit être annulé, il faut que l’État nous aide, nous nous sommes des organisations de la société civile, nous pouvons être des lanceurs d’alerte. Mais la responsabilité revient à l’État de prendre ses dispositions afin que cela s’arrête. Nous pensons que le BAC doit être annulé ça ne reflète pas l’image de notre cher pays la Guinée, c’est quelque chose qui est honteux.”

L’inspecteur régional de l’éducation Famoro Keita, que nous avons rencontré ce samedi 29 août, n’a pas accepté de se prononcer sur le sujet. tout en balançant que “l’examen s’est déroulé dans des meilleures conditions dans la région de Kankan.”

De Kankan, Moussa Konaté pour Guinre7m