La viande saisie dans ce bus

Une ONG de lutte pour la protection des animaux et le ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêt sont à Labé pour se constituer partie civile contre les trafiquants de ‘‘la viande de brousse’’ arrêtés la semaine dernière.

La coordinatrice de l’ONG, Charlotte Toupline qui sillonne toute l’Afrique pour protéger les animaux se dit  surprise par rapport à la quantité saisie: ‘‘le constat est très grave et vraiment très impressionnant : 97 sacs de viande de brousse ce qui veut dire une centaine d’animaux tués, mis dans ces sacs. On n’a jamais une quantité si importante en Guinée. Il y a toute sorte d’espèces, des primates  c’est-à-dire plusieurs espèces de singe, des phacochères, des antilopes, des pythons même. En un mot toutes les espèces se retrouvent dans les colis. Il faut qu’on appuie le ministère de l’n environnement devant la justice comme il est de notre habitude pour que ces trafiquants de viande  de brousse et leurs complices soient condamnés conformément à la loi, c’est l’environnement  qui est la vraie partie civile dans cette affaire.’’

Pour le département de l’Environnement, Mamadou Bhoye Sow, directeur national adjoint des parcs et réserve, promet que c’est un crime qui ne restera pas impunis quelles que soient les personnes impliquées: ‘‘ce qui s’est passé est vraiment déplorable même en dehors de cette période d’ébola, s’il s’avère qu’un seul garde ou agent forestier ou tout autre cadre de l’environnement est impliqué dans cette affaire, nous le mettrons sans état d’âme à la disposition de la justice. Il sera jugé comme les autres sinon il aura une sanction plus sévère que les autres.’’

Diao Diallo, directeur préfectoral de l’environnement, eaux et forêt croit à l’implication des agents protecteurs de la nature de façon directe ou indirecte : ‘‘comment toute cette exploitation peut se faire dans une localité qui relève d’une sous-préfecture ou préfecture pendant une longue période sans que nos agents ou conservateurs de la nature ne puissent être au courant de ce qui se passe ? Il faut préciser que c’est vers la frontière entre la Guinée et le Mali où les animaux sont abattus. Surtout dans la zone entre Dinguiraye et Tougué. Ces femmes avec lesquelles on a retrouvé cette viande campaient dans un village qui s’appelle Ndirè, les chasseurs faisaient l’abatage et venaient revendre aux femmes, selon les explications devant le juge. Le plus souvent c’est les femmes qui donnaient les balles de chasse  aux chasseurs, ce qui est clair c’est un grand réseau qui est présent dans tout le pays. La situation est d’une envergure qui dépasse l’imagination, parce que même Interpol m’a appelé par rapport à la situation, j’ai confirmé. Donc c’est possible qu’une autre délégation soit à Labé pour ça. Mais vous devez savoir que ce n’est pas dans ma zone qu’on a tué ces animaux, plutôt c’est ici à Labé que la viande est saisie. Vous savez que les barrages sont interdits. Mais je tiens à écrire aux autorités pour nous permettre de mettre en place des postes de contrôle pour l’environnement.’’

Actuellement tout le monde a les yeux rivé sur le tribunal de Labé qui doit rendre son verdict dans les prochains jours. Pour les chimpanzés, animaux intégralement protégés la peine serait entre 1 à 5 ans de prison ferme.

                                                          Alpha Ousmane Bah

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici