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Exclusif : les secrets d’un exploit historique du handball guinéen en Bulgarie (entretien)

Avec les sacres chez les cadettes et les juniors en Bulgarie, le handball guinéen entre un peu plus dans l’histoire de la discipline. Le Directeur technique national de la Fédération guinéenne de handball décrypte les dessous de ce succès international face à de grandes nations. Dans cet entretien, le DTN Bakary Kaba revient sur un modèle basé sur la formation, la rigueur et la détermination.

DTN, bonjour. Vous rentrez de Bulgarie avec deux trophées chez les cadettes et les juniors, une consécration mondiale. D’où est parti ce résultat ?

Bonjour, C’est le résultat de la persévérance et de l’union entre les membres de la Fédération. À cela s’ajoute le sacrifice des athlètes. Je pense que ces trois éléments suffisent largement pour permettre à une fédération de s’imposer sur le plan continental et international.

D’abord, il y a la constance au niveau du bureau exécutif : il n’y a pas de querelles, ils sont unis comme des frères et travaillent pour les athlètes. Ensuite, la persévérance se retrouve dans l’encadrement technique, qui met tout en œuvre pour progresser. Enfin, le sacrifice des athlètes, qui donnent le maximum d’elles-mêmes. Comme l’a dit la petite Fatou, elles se battent pour se faire plaisir, mais aussi pour rendre heureux tout un peuple.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de ces filles et du handball guinéen. Le président de la Confédération africaine, le docteur Harimou, avait dit que le handball africain atteindrait un grand niveau d’ici 2026. Nous nous sommes mis au travail et aujourd’hui, nous sommes satisfaits.

Si la Guinée contribue à qualifier d’autres nations pour la Coupe du monde, nous en sommes fiers. J’ai vu des équipes comme l’Algérie et le Nigeria très affectées après leurs défaites contre nous. Aujourd’hui, elles vont participer au Mondial avec nous, et cela nous rend encore plus fiers.

Y a-t-il une particularité dans cette expédition ?

Oui évidemment, la particularité, c’est d’avoir réalisé un parcours sans faute face à des nations bien équipées. L’entraîneur canadien a même dit à ses joueuses qu’elles disposent de toutes les infrastructures, contrairement à la Guinée, et pourtant elles ont été battues. Cela m’a profondément marqué.

Nos joueuses compensent le manque de moyens par leur détermination. Elles jouent avec le cœur, conscientes qu’elles représentent toute une nation. Elles se battent corps et âme pour porter haut les couleurs de la Guinée.

Avant la compétition, quels étaient les objectifs ?

L’objectif était de remporter les deux trophées. Mais surtout, il fallait arriver tôt sur le lieu de la compétition pour bien se préparer. C’est ce que j’avais demandé au ministre : les moyens pour arriver à temps et s’acclimater. Nous sommes arrivés deux jours avant, nous nous sommes bien préparés et cela s’est ressenti dans la compétition. Si cette dynamique continue avec le nouveau ministre, je suis convaincu que nous obtiendrons encore de meilleurs résultats.

Vous êtes le responsable technique de la Fédération et vous connaissez bien ces joueuses. Quelle est leur particularité et quel travail a été fait avec elles ?

C’est un projet à long terme. Nous recrutons ces filles dès l’école primaire à travers des tournois scolaires. Ensuite, nous les suivons dans un programme structuré sur plusieurs années, à la fois sur le plan scolaire et sportif. Une experte à savoir la présidente de la commission au sein de la CAHB, nous a appris l’importance de travailler avec un groupe sur une durée de 10 ans pour obtenir des résultats. C’est cette méthode que nous appliquons aujourd’hui.

La particularité de ces joueuses, c’est leur amour pour le handball et leur attachement à leur président. Le général Paye Camara est très attentif à leur bien-être. Lorsqu’une joueuse est malade, elle est immédiatement prise en charge. Cette attention leur donne de la motivation et du courage pour se battre sur le terrain.

Quelle est la suite pour ces équipes mais aussi les autres  équipes en général ?

La suite nous allons désormais participer aux Coupes du monde. L’objectif est d’intégrer d’abord le top 16 mondial.
Les cadettes iront en Roumanie, les juniors en Chine, et les U16 participeront pour la première fois au Mondial au Brésil. Parallèlement, l’équipe masculine se prépare pour aller à Dakar le mois prochain afin de tenter de se qualifier à la CAN.

Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com